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L'Ondine de la Moldau






    À l'Ondine de ma vie




    Au bord de la Moldau, en Bohême, dans un château bâti sur un piton rocheux qui perçait les nuages, vivait un roi. L'homme était veuf. Mélancolique et solitaire, il ne pouvait se résoudre à oublier la femme qu'il avait tant aimée.

    Aussi, en dépit des pressions de son entourage, ne voulait-il point se remarier. Comme il n'avait pas d'enfant, la continuité du royaume risquait fort d'en pâtir. Mais les jeunes femmes du coin le laissaient de marbre. Aucune n'atteignait, à ses yeux, le quart de la beauté de son épouse défunte.

    Au crépuscule, il descendait depuis son nid d'aigle jusqu'à la rivière. Il allait promener en barque sa tristesse, rêvant de son amour perdu et de bonheurs anciens.


    Or, un soir qu'il se laissait dériver le long du courant vers un îlot qui séparait les eaux par le milieu, et où il pensait se reposer avant de rentrer, un son étrange lui frappa les oreilles. Non, ce n'était pas le cri des castors et des loutres qui nageaient à l'entour ; ni davantage la plainte du vent coulis qui s'insinuait dans les joncs et les saules parsemant la grêve. À vrai dire, c'était plutôt un chant. Mais les notes étaient trop cristallines pour partir d'une gorge humaine. Car le roi, qui était aussi musicien, n'avait, chez les mortels, de mémoire entendu pareil son.

    Soudain frémirent les roseaux. Alors qu'intrigué, il s'approchait de la source du chant qui venait du même endroit, ce qu'il prit tout d'abord pour une femme qui se baignait en sortit.

    À peine le vit-elle qu'elle plongea. Au plus profond. Révêlant sa vraie nature par la queue de poisson qui prolongeait son corps grâcieux. C'était donc une ondine. Mais une ondine si belle, qu'aucun homme n'aurait assez de puissance d'imagination pour se la représenter jamais. La force sauvage. La beauté à l'état brut. Une émotion. L'océan.

    Et le roi, conquis par cette musique et cette radieuse créature, n'eut désormais de cesse de revenir, encore et encore. Mais il se voilait la face. Il ne voulait pas voir qu'elle était surtout poissonne... car à chaque tentative, l'ondine s'enfuyait et gagnait les fonds.


    Dépité par ses persistants insuccès, il alla demander conseil à son parrain. Un être rusé qui connaissait la vie, banquier de la Couronne, de surcroît.

--Une ondine ? Quelle idée extravagante, mon filleul ! Alors que tant de donzelles n'attendraient qu'un signe de vous, un seul. Mais qu'allez-vous chercher ? Vous en avez, décidément, pour les amours impossibles. Raisonnez, que diable !

--Suis-je le roi, oui ou non ? Je la veux, et par l'eau, l'air, les astres et le feu, je l'aurai !

--Et quand bien même, il y aurait toujours entre vous des écailles. Non, non, et non ! Je ne vois pas moyen de vous donner satisfaction sur ce coup-là par des voies naturelles.

--Et... par d'autres voies ? dit le roi.


--Peut-être... je vais y réfléchir. Je vous donnerai ma réponse quand le soleil sera couché. Vos desseins restent donc sans appel ? Vous ne changerez pas d'avis ? Bon. Mais, de grâce, un peu de gaieté ici ! Régalez-moi ce soir d'un festin, au cours duquel je vous dirai quoi faire.


--Cause entendue. Vous mangerez votre content.


***


    Le soir venu, le parrain se présenta au château, comme il l'avait promis. Vêtu de rouge de pied en cap et mal coiffé, car l'homme était d'un naturel flamboyant. En son honneur, le roi avait convié quelques amis. Musiciens, troubadours, jongleurs, danseuses et montreurs d'ours furent aussi de la fête. Le parrain portait sous son bras gauche sa serviette en cuir noir d'homme d'affaires, tandis qu'il tenait une longue boîte des plus mystérieuses par une poignée, de sa main droite.


--Qu'est-ce là ? s'enquit le roi.


--Plus tard, plus tard, mon filleul. Pour l'instant mangeons, buvons, amusons-nous.


--Bon, bon. Vous avez raison. Il sera toujours temps.


    On ripailla donc sans compter les heures, jusqu'à lasser Bacchus en personne. Lorsque les convives furent enfin dispersés dans l'aube naissante, et que tous deux furent seuls, le roi et son parrain en vinrent à l'objet de leur rencontre.


--Voici la solution à tous vos ennuis, dit le parrain.


    Et il ouvrit la fameuse boîte.


--Un violon ? Tout ce dérangement pour un violon, mon parrain ? Vous moqueriez-vous ? J'ai beau être musicien, je la trouve un peu forte.


--Certes, un violon. Mais celui-là ! Il n'est pas comme les autres, croyez-m'en. Quiconque en joue attire à soi n'importe quelle femme, qui aussitôt s'en éprend. Attention, les laides aussi.


--Je n'en veux qu'une. Je n'ai cure des autres. Et je vous rappelle, vous me l'avez assez dit, qu'elle est poissonne.


--Du pareil au même. Sa nageoire fondra, et votre problème avec. C'est une femme comme les autres ; le reste n'est, face à la magie, qu'aimable panoplie. Sachez bien que c'est toujours par les oreilles qu'on attrape ces dames. Comme les lapins ! Hé, hé, hé ! Or si une ondine a une queue, elle n'en a pas moins une ouïe.


--Et d'où tenez-vous ce diable d'instrument ? s'étonna le roi.


--Un luthier de mes amis qui vit dans les bois. Une sorte d'ermite qui, souventes fois, jeûne et médite. Il usa d'essences rares coupées aux lunaisons propices. Il façonna chaque pièce de bois en proférant des incantations connues de lui seul.


--Et bien, mon parrain, pour un banquier vous êtes bien poète !


--Mais non. Que croyez-vous ? Tenez, la lettre de change, par exemple. L'argent va, il vient, il circule. Mais jamais on en voit la couleur. Transparent comme l'eau claire, il est aussi invisible que l'élégance de votre ondine. Seuls les riches le voient. Et encore... s'ils courent vite.


--Bon, vous m'avez convaincu. Donnez-moi ce merveilleux violon, que j'aille l'essayer de ce pas sur quelque jouvencelle dont je n'ai que faire. Histoire de voir.


--Après, mon filleul. Quand il fera jour. Laissez-les encore un peu dormir du sommeil de l'innocence. Mais avant, une petite formalité.


    Et le parrain tira de sa serviette en cuir noir deux feuilles de papier d'une teinte roussâtre. Le roi, qui était passablement éméché, n'arrivait pas bien à lire, mais il crut reconnaître un contrat d'assurance.


--Oui, expliqua le banquier. Juste une garantie signée de vous sur quelques uns de vos biens. Le château, entre autres. Ce n'est qu'une formalité, je le répète. Comprenez que ce violon est d'une grande cherté. Il vaut son pesant d'or. Un seul luthier au monde est capable de lui insuffler vie. Alors? Toujours résolu ?


--Bon, j'y consens. Finissons-en. Le soleil se lève, et j'ai hâte.


--À la bonne heure ! Signez là, là, et là. Le deuxième feuillet aussi. Pour les archives. Parfait ! L'affaire est dans le sac, le violon bien à vous... et l'ondine dans votre poche. Ah, ah, ah !


    Sur ce, le parrain du roi quitta le château bien vite, et gagna, où qu'elle fût, sa tanière secrète.


    Dès que le coq eut chanté, le roi se mit à la musique. La magie de l'objet aidant, il joua bientôt en virtuose. Vibrato, groupetto, grand sautillé, pizzicati et tutti quanti, rien ne lui résistait. Un vrai Paganini. Le crin de l'archet galopait sur les cordes en boyau de mouton comme l'alezan dont il était issu. Il lui dictait des cadences qui battaient train d'enfer. Ses doigts vifs d'écureuil escaladaient la touche sur cinq octaves. C'était brillant, poignant, fulgurant. L'expression allait du grognement sourd au gémissement ; de la résolution à la colère ; de la fluidité de l'eau à l'éclat du feu. Sans transition. Gargouilles, arabesques, dents et griffes jaillissaient en gerbes des deux ouïes en forme de esse du violon.


    Sitôt qu'il essaya son pouvoir sur les filles des proches villages, il s'avéra probant. Car, en effet, à chaque trille un peu acrobatique, elles affluaient. Trois notes par ci, trois notes par là, et hop, ça y était ! Comme des petits oiseaux sur les branches en fleurs du printemps, elles accouraient de tous côtés.

    Quand le roi eut quadrillé les environs et fut rentré au château, ce fut avec trois ou quatre cents damoiselles à ses trousses.

    Il ne se passa pas longtemps avant qu'il ne réalisât son erreur. Surtout lorsqu'il voulut envoûter l'élue de son coeur, car, comme à l'accoûtumée, l'ondine plongea dans la Moldau. Et, de fureur, le roi jeta le violon à la rivière. Mais à peine rentré céans, il le retrouva sec et intact dans sa chambre, cependant que circulait, dans toute la demeure, la cohorte des jeunes femmes qu'il avait charmé.

    Dépassé par les événements, notre homme rappela son parrain à la rescousse.


--Je vous retiens, vous, et vos bons conseils ! Voyez-donc le désastre ! Et l'ondine m'a filé entre les doigts comme une vulgaire anguille.


--Mais, mon ami, ne t'en prends qu'à toi. Je te l'avais bien dit. Que ne m'as-tu premièrement écouté!


--Un autre ton, je vous prie ! Je ne prise guère votre cynisme, et je suis le roi. Vous feriez bien de vous en souvenir.


--Et moi, petit rigolo, tu sais qui je suis ?


--Plaît-il ?


--Tu as signé avec moi un contrat en bonne et due forme. Et tu sais avec qui ? Ah ! Tu commences à comprendre... Bon. En ce qui concerne les filles, ne t'inquiète pas, c'était pour moi. À part une ou deux que je veux bien t'octroyer, tu n'auras qu'à choisir. Oui, on recrute en enfer, en ce moment, et j'avais besoin de renouveler mes troupes de démones. Mais comme je suis mauvais musicien, un réprouvé du solfège, j'avais pensé à toi. Je t'ordonne de m'en ramener encore deux mille. Tu sais ce qu'il te reste à faire.


--Vous m'ordonnez ? Et si je refuse ?


--Je vois que tu n'as pas bien lu les termes du contrat : "...m'engage à fournir des filles à qui de droit en aussi grande quantité qu'iceluy souhaitera. Autrement, de mon âme disposera, qu'en dépôt je lui laisse, puis en enfer me conduira pour qu'ad vitam je le serve." Alors, c'est deux mille filles ou la marmite, tu choisis! Remarque, tu y gagnerais : toutes les bougresses amusantes sont chez moi. Comment tuerais-tu l'éternité, là-haut, avec les autres ?


    Et le diable partit en ricanant avec ses nouvelles recrues en direction de ses souterrains séjours aux pièces surchauffées.


***


    Le roi était désespéré. Que pouvait-il faire ? On ne peut pas lutter contre un tel adversaire. Avoir mis en hypothèque sa propre âme contre un violon qui ne servait qu'à étoffer les légions du malin, ah oui, vraiment, c'était un comble ! On ne le reprendrait plus à boire de sitôt.

    Il s'apprêtait à partir, résigné, pour sa tournée musicale, lorsqu'il se souvint qu'il avait une marraine qui habitait de l'autre côté de la Moldau, dans la forêt. Feu son père l'avait bannie de la cour autrefois. Non par grief personnel, mais l'Église l'ayant convaincue de sorcellerie parce qu'elle herborisait en compagnie d'un chat noir, pour la protéger, il l'avait sommée de fuir.

    Le roi ne s'en souvenait pas comme d'une mauvaise personne. Bien au contraire, elle était douce et bienveillante. C'était elle qui lui avait appris à lire des histoires et à rêver. Entre les comptes d'apothicaire du parrain banquier, et les contes de bonne femme de la marraine sorcière, son coeur avait longtemps balancé. Plus à présent. Il savait à quoi s'en tenir. Il est des vérités humaines qui ne se chiffrent pas.


    Bref. Il retrouva donc sa marraine en ses sylvestres logis. Une vraie sorcière, en effet. Du même genre que les marionnettes que l'on vend sur le Pont Charles de Prague, mais sans les ficelles, et grandeur nature.


--Mon petit, lui dit-elle, dès qu'elle le reconnut. Quelle joie de te revoir ! Je vois bien que tu es un homme, un solide gaillard, mais, pour moi, tu seras toujours l'enfant que j'ai connu.


--Marraine ! Que de temps écoulé... vous n'avez pas changé.


--Peuh, peuh, peuh ! Petit flatteur ! Je suis vieille, laide, courbée par le fardeau des ans, et tu le sais. Mais je te vois soucieux. En quoi puis-je t'aider ? Une tisane ? Un onguent ? Un philtre ?


    Et le roi lui relata ce que l'on sait déjà.


--Ah ! Tu connais le vrai visage de ton parrain, maintenant ! Oh, celui-là, mais que je l'abomine ! Ah que je le hais !


--Je croyais que les sorcières étaient en bons termes avec lui...


--Pas après ce qu'il m'a fait ! Il voulait que je lui accorde mes faveurs. Que je lui fasse mes dévotions, passe encore. Mais qu'il me touche ? Ah, ça non, alors ! Il est affreux et sent le bouc. Et comme j'ai refusé, pour me punir, il transforma en ondine ma fille. La prunelle de mes yeux. S'il n'était pas déjà le mal en soi, je le maudirais bien ! Mais tu vas peut-être me donner le moyen de m'en venger, et te débarrasser de son emprise par la même occasion.


    Et la sorcière exposa par le menu au roi le plan de bataille qu'il conviendrait d'adopter pour déjouer le diable, afin de le renvoyer dans ses puants quartiers.


--Fais-donc pour l'heure ce qu'il t'a demandé, reprit-elle. Ce soir, quand il reviendra réclamer son tribut, invite-le à banqueter. Il est gourmand comme un pape, et je vais, à son insu, lui concocter une cuisine dont il se souviendra. Ne touche pas aux plats, surtout ! Allez, va, mon filleul !


    Le roi repartit d'où il était venu, et fit ce qu'avait dit la sorcière. Il joua du violon comme un enragé toute la journée à en perdre l'âme, si elle n'était déjà consignée chez le démon. À chaque charette sur la route, chaque champ, chaque hameau, il entonnait quelque ritournelle magique. Il n'en fallait pas davantage. En fin de journée, il avait réuni les deux mille femmes et les amena au château.

    À peine arrivé en haut de la pente interminable, le diable, déjà, l'y attendait.


--Alors ?


--Alors ? Vous n'avez qu'à voir le cortège, dit le roi sans s'arrêter de jouer. Le compte y est. Elles sont toutes là. Deux mille.


--Bon, ça ira pour aujourd'hui. Forme-moi deux colonnes : les belles d'un côté, les laides de l'autre... tant pis pour elles... Demain, même quantité.

--Encore ? Mais où voulez-vous que je les trouve ? C'étaient les dernières du pays. Ce n'est pas Prague, ici. Reste plus que les vieilles.


--Pouah ! Les vieilles ! C'est tout frippé, et ça craque des os. Si tu crois que je peux en faire des démones convenables, auxquelles on donnerait le bon dieu sans confession, tu te trompes ! Tout juste un peu d'anthracite, peut-être... Il te faudra chercher plus loin. Mais je rêve, ou on cuisine chez toi ? C'est que j'ai une faim à dévorer les pierres.


--Mangez avec moi, si le coeur vous en dit.


--Et comment ! Le coeur, le coeur, laisse ça aux tripiers. Mais le ventre, ça oui ! Coquin de sort !


    Le diable monta les escaliers quatre à quatre et s'assit à table, sans plus de cérémonie. Quelques temps auparavant, la sorcière, à cheval sur le balai neuf qu'elle avait gagné au loto des carabosses avait pénétré par une des fenêtres des cuisines entrouverte, et s'était mise à l'ouvrage. Elle s'était munie de quelques herbes qu'elle avait mêlé aux sauces, et le repas fut prêt à servir. Les sorcières, c'est bien connu, cuisinent vite. C'est là leur moindre qualité.


--De l'outarde rôtie ? Voilà qui me va bien ! s'exclama le diable en salivant. Tu ne m'accompagnes pas ?


--Estomac contrarié. Mangez, mangez-donc, dit le roi. Buvez aussi. Le vin est à volonté. De nos meilleurs cépages, encore.


    Et le diable mangea, mangea, et mangea tant, que la sauce de la sorcière, des plus relevées, lui fit boire d'importance. Il vida trois carafes. À la fin, tout diable qu'il fût, il n'en menait pas large. Il était bel et bien saoul et gonflé comme une outre. Il riait tel un bossu, d'un rire franc du collier, pour une fois.


--Ça y est ? Il est à point ? demanda la sorcière, en risquant sa tête à la porte des cuisines.


--On ne peut rêver mieux, marraine.


--Et bien aide-moi à le traîner là-haut. La grande tour. La lucarne.


    Ce qui fut fait, mais non sans peine. Car le diable pesait plus lourd que le poids de son remords, et il riait à rendre sourd.


--Maintenant, hop !


--Hop ?


--Hop ! Par la fenêtre. D'un coup. À la pragoise. À pic sur la Moldau. Va, va, va ! Par tous les enfers, démon, rentre chez toi ! Ouste, du balai !


    Et le diable fit un plongeon dans le vide, digne de son titre d'ange déchu. Il tournoya, tournoya, et tournoya sans fin, entortillé dans sa cape rouge, cependant qu'il poussait des cris affreux et vomissait une épaisse fumée noire. Trois cents mètres en contrebas, on pouvait voir se trémousser d'impatience la rivière, gonflée de ses remous, déroulant ses volutes, qui n'avait pas souvent eu loisir de recevoir un tel hôte de marque dans son lit.


--Tu vois, dit la sorcière, cet idiot ne sait pas nager. L'enfer étant toujours sec, vu sa température, il ne crut jamais bon d'apprendre. Et puis les eaux de la Moldau sont bénites. Certes, il ne mourra pas, puisqu'il est immortel. Mais je te garantis qu'il sera malade au moins vingt-et-un jours, et que ton contrat de dupe s'annulera dès qu'il touchera l'eau.


    Et la marraine d'ajouter :


--Mon filleul, retiens au moins cette leçon. Si, pour parvenir plus vite à tes fins, aussi nobles soient-elles, tu te juches sur les échasses du malin, tu ne tarderas pas à te casser la figure. Sers-toi donc de tes jambes ! C'est une sorcière qui te le dit.


    Ayant parlé, la vieille invita son filleul à prendre place à l'arrière de son balai de cent chevaux-vapeur pour se porter au secours de l'ondine, sa fille. Le maléfice cessant, elle menaçait de se noyer au beau milieu de la rivière. Oui, cette même ondine qu'avait désiré le roi, et qu'il pourrait enfin courtiser comme une vraie femme. Sans essayer de tricher avec un violon douteux. Cela prendrait un peu plus de temps, voilà tout. Mais au moins, quelle qu'en soit l'issue, il ne la devrait qu'à lui.




© Joël Médina alias l'Apothicaire, Mai 2007

http://apothicaire.fr


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