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La Belle et le Sauvage




Une jeune princesse était à marier,

Mais son père, le roi, jamais n'y parvenait :

Mille prétendants il avait beau convier,

Ils partaient éconduits sans la dame bien née.


--Père, n'insistez pas : nul homme sous mon toit,

        Dit notre belle au souverain.

--Vous ferez ce qu'on vous dit, ma fille ; c'est chez moi,

        Et je tranche, ici, en tout point.

--Nenni, n'y comptez pas. Vos seigneurs sont vilains,

Grossiers, intéressés, trop vieux, guère malins.

--Or çà, nous verrons ! Je jure, dit le monarque,

Que vous suivrez au pas certain hôte de marque

                Qui nous vient en pensée.


                " La chose est fort aisée,

Se dit-il à part soi. Je connais en forêt

Tel sorcier qui sait les simples et potions

Et qui, usant d'un philtre, saura rendre raison

À la butée. Elle tombera en arrêt

Devant le premier visage qu'elle verra. "


On se rend dans les bois, dans l'antre du sauvage,

Juste à l'heure sacrée où il boit son potage :

--Quoi c'est-y ? Qui me dérange là ? Qui paiera

                La soupe qu'on me gâche ?

--Au nom du Roy, viens vite à la Cour, vil coquin,

                Avant qu'on ne se fâche !

--Plaît-il ? Quoi donc me vaut d'être pris pour faquin ?


Et le roi sort du carosse, impatienté :

--Il est vrai que ma fille est cause du tourment,

Que si, prompt au Palais, vous soignez l'entêtée,

Sitôt je vous fais Duc, vous cède mille arpents,

Et vous verse une rente de trois millions.


Le sauvage, à ces mots, n'est guère tâtillon :

Il ramasse ses herbes et se joint aux voitures,

Dès entré en cuisine, concocte sa mixture ;

Fait si bien qu'il teinte le vin de la fille

Et, plus tôt que prévu, lui sert plat de lentilles

À table, lui présente l'hydromel magique

Avant que ne soit là le promis magnifique.


Ayant bu, la belle le fixe, plein d'ardeur,

Le suit avec amour, ne veut s'en détacher.

--Qu'est cela ? dit le roi. Les termes du marché

Stipulaient que ma fille aimerait un seigneur,

Et non pas un loqueteux doublé d'un manant.

--Mais de qui diable parlez-vous ? dit le roué.

Je suis Duc, j'ai trois millions, détiens mille arpents ;

De plus, ne boîte point et sais faire un brouet :

Grand nombre de vos pairs n'en peuvent dire autant.


Méfie-toi donc, l'ami, de qui vit hors du temps :

Si loin du commerce des hommes qu'il se tienne,

Ce n'est pas jusqu'au point qu'ambition ne lui vienne.

© Joël Médina alias l'Apothicaire

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