Robin d'Ardèche, roman en ligne
Amuse-gueules - Toniques - Purgatifs - Élixirs - Onguents - La Totale - Votre Cure
Motivations de l'auteur ------------------Début
du récit---------------------------------
Racine
du site
Acte I Acte II Acte III Acte IV Acte V Achat de l'intégrale en PDF
Vos commentaires sur ma page MySpace
-8- Un matin blème
On est au petit matin, le lendemain.
Aujourd'hui, le père Dupuis a mis sa chemise du dimanche. Celle qui n'est pas reprisée. Pourtant, on n'est que mercredi. Il s'est fait tout de neuf, le vieil Alfred. Comme pour les noces.
Les noces ? Il se souvient des siennes.
Il a devant lui le portrait de sa Justine, morte depuis quinze ans. C'était en 1940, juste après son retour au pays, que la guerre était perdue. Le village s'était réuni au banquet. Enfin, quand on dit un banquet... Les rescapés de ses copains étaient là, tout autour attablés. On aimait la vie de toute sa fureur, surtout après qu'on ait failli la perdre.
Ah oui, ce fut une belle vie. Droite et franche comme un labour au soc. Ça n'a pas toujours été rose, non, loin de là. Des malheurs, il y en a eu. Mais ils sont le sel de l'existence. Celui qui n'a pas pris de risque, tremblé, ou ne s'est pas débattu dans les difficultés, il n'a pas su qu'il vivait.
Il pose sur sa table une lettre, contre la cruche d'eau. C'est à Robin, qu'il la destine.
Non, il n'a rien oublié. Il regarde une dernière fois le portrait de sa femme sur la commode. Alors, il se lève de sa chaise, l'Alfred. Il monte dessus, et, à la grande poutre en se laissant aller, il se pend.
Et tandis qu'au bout de sa corde il se balance encore, on entend dans la rue un camion passer. C'est le camion de Jean Santer. Il conduit ses ouvriers au Bois des Fontainiers, où va tomber tout à l'heure le premier arbre abattu.
Amuse-gueules
-
Toniques -
Purgatifs -
Élixirs -
Onguents -
La Totale -
Votre Cure
Mettez-nous en
marque-page communautaire !