Robin d'Ardèche, roman en ligne

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-5- Rapines contrariées


       Antraigues au crépuscule. Âpre pays. Au confluent du Mas, de la Bise et de la Volane, le village domine de sa terrasse les ravines des trois torrents.

          La route relie Vals à Mézilhac et s'insinue dans ce décor que le diable a vomi. Des rochers grands comme des maisons déchiquètent les abords de leurs dents pointues. Les châtaigniers se tordent et profilent des ombres de chauve-souris. La lave grise a coulé sa muraille tout autour.

Une voiture s'aventure dans l'étranglement. Une Jaguar vert anglais. Immatriculée du Vaucluse. Dans l'intérieur tapissé de cuir fauve, trois occupants.

L'auto n'a pas fait deux tortillons que l'assaillent trois bolides. Le trio de choc, celui qui porte si bien le noir. Et, par une méthode désormais brevetée, ils la stoppent.

Le conducteur baisse sa vitre teintée. Pour un riche, il a une drôle de tête.

        --Vous voulez quoi ? dit-il.

        --Monsieur. Bien le bonsoir, nous...

        --Accouche !

        --Ton fric, vilain aspic !

        Et alors, l'homme à la balafre claque des doigts à l'attention des passagers arrière. Les portières s'ouvrent pour en laisser descendre deux teigneux en lunettes noires et complet veston. Ils s'habillent chez un grand couturier italien, c'est sûr.

        --Viens donc le prendre !

        --Ça va, ça va, on a compris, dit le chef de bande. On s'excuse, on vous avait pris pour des caves.

        --Brou-no, Ma-rio ! dit le balafré. Va bene. Sono banditi di teatro. Vous voulez mourir ou quoi, les rigolos?

        --On savait pas. On a vu trop de films.

        --Basta ! Débinez-vous. Mais attenzione, la prochaine fois. Que ça vous serve de leçon. Vous pourriez plous mal tomber. Si on avait été de vrais riches, et qu'on ait eu peur, on sortait direct le flingue et on vous plombait.

        Et les trois bandits casqués repartent, quelque peu désappointés.

        --Je vous l'avais dit que c'était trop gros comme charrette, sermonna le chef. Maintenant, on fait à ma façon.

Un quart d'heure plus tard passent d'autres voyageurs. Un couple dans une Ford Escort. De la Drôme. En tenue de soirée, un collier de perles au cou de la dame. Probable qu'ils sortent du casino ou du théâtre de Vals.

        Même scénario.

        --Bonsoir, messieurs dame. Alors, on est allé verser sa petite larme devant les vocalises d'une diva ? La bourse ou la vie !

        --Ooohh ! crie la femme hystérique. Ne nous faites pas de mal. Pitié ! 

        --La greluche, on se tait ! Ton collier et tes dorures. Vite ! 

        --Voyons, du calme, dit l'un des motards à l'énervé.

        --M'en fous ! Z'avaient qu'à pas se pointer après les ritals. Faut que j'évacue.

        --Allons, allons. C'est un malentendu. Gente dame, vous pouvez garder vos parures. Une princesse n'a pas à se défausser de ce qui la flatte. Voulez-vous bien nous faire l'aumône de quelques billets de banque pour nos pauvres qui meurent au fond des bois ? Merci. Je vois qu'on est compréhensive. Au revoir et bonne route en Vivarais. N'y faites pas de trop mauvaises rencontres. Les chemins ne sont pas sûrs, par les temps qui courent.

Après le nécessaire tir de flèche qui clôt ce charmant entretien, le bon, la brute, et le truand, s'évanouissent au loin.



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