Robin d'Ardèche, roman en ligne

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-2- Le prévaricateur



     Jean Santer est dans le bureau de Richard. Assis dans le fauteuil en cuir vachette pleine fleur du maire, il fume sa pipe. Il pivote son siège de droite et de gauche, et, entre chaque bouffée de satisfaction, il songe.

        Ses affaires prospèrent.

        Outre le bois du vieil Alfred, son domaine s'est enrichi de deux ou trois spoliations récentes. De quoi tripler son rendement. Plus de concurrent, puisque Robin a quitté le village pour on ne sait trop où. Même Marion, avec qui il s'est brouillé, l'ignore. Ses deux acolytes, Petitjean et le Bavarois aussi, sont partis. Bon débarras !

Tout de même, Bornas y est allé un peu fort. Le feu, il n'en demandait pas tant. Mais comment traiter un enragé ? Puis le Paul qui se ramasse un trait. Lui, ce n'est pas une flèche, en revanche. On l'a soigné incognito à Vals-les-Bains.

        Et le mystérieux archer ? S'il a vu agir Cuchet, pourquoi n'a-t­il rien dit ? Espère-t-il les faire chanter ? Non, il se serait déjà manifesté. Il n'a rien donc dû voir, c'est la seule explication. Ou il n'a compris qu'après avoir tiré. Parce qu'il faut être idiot ou bourrache pour ne pas saisir.

Enfin, tout est au mieux. L'adjoint s'est mis dans la poche la reine mère, par-dessus le marché. Elle aime les hommes de pouvoir et d'argent. Comme toutes ces femmes-là. Si elle savait !

        Le téléphone sonne.

        --Allô, oui ? Bornas ? (...) Alors, où en est-on ? (...) Je dis, du porteur de malette Autrichien, où en est-on? (...) Comment, presque ? Qu'il se dépèche. L'autre va finir par rappliquer. (...) Bon, ça va. (...) Oui, ça va. Vous me tenez au courant. (...) Allez, je raccroche. J'ai un rendez-vous.

        On frappe à la porte. Trois coups secs. Un maigrichon risque la tête dans l'entrebâillement.

        --Ah, monsieur Calfat ! Entrez, entrez donc. Asseyez-vous. Vous voulez un cigare ?

        --Non, merci. J'ai arrêté.

        --Vous avez raison, monsieur Calfat. Alors, vous avez ce qui nous intéresse ?

        --J'ai apporté tout ça.

        Calfat pose deux feuilles sur la table. Un grand format où est dessinée l'épure d'un pont truffée de chiffres et de cotes. L'autre feuille est un devis. Le coût de la main-d'oeuvre et des matériaux. C'est que Jules Calfat est entrepreneur de travaux publics. Il a réalisé pas mal de constructions, dans le pays.

        Santer examine le tout d'un oeil attentif.

        --Mmvoui, c'est bien ficelé. L'idée me plaît, dit-il.

        --Tout en pierre de taille.

        --Fort bien, fort bien !

        --Mais, monsieur l'Adjoint. Pourquoi un deuxième pont juste en amont de celui qui existe déjà ?


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