Robin d'Ardèche, roman en ligne

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-6- Le vagabond



    L'après-midi a passé.

     Les joyeux turlurons se sont baignés dans le lac. Des loutres. L'eau fraîche ne gêne pas des montagnards comme eux. Des générations de réfractaires les ont précédés.

      Puis, ils ont repris les casques. Les voici qui passent la Chapelle-Graillouse et s'engagent sur la route de St-Cirgues.

Au milieu de la lande. C'est sinistre, la lande, entre chien et loup. Les ombres commencent à s'allonger, vu qu'il est dix-neuf heures bien tassées. Ça flanque les foies, cette solitude.

        Soudain, Robin freine sans crier gare. Si la formation ne roulait en quinconce, Petitjean l'aurait heurté sec.

        --Là, j'ai vu un homme couper devant, dit le Hardi. Je jurerais qu'il fuyait. Drôlement looké. Du genre à tramer un mauvais coup.

--Bizarre, en effet, dit Marion qui a vu. Pour un piéton, ça fait loin des villages.

        --Dix kilomètres de part et d'autre, précise Pons. Oh, oui ! Il est là-bas. Le buisson bouge ! Regardez.
        

        Et tous de béquiller les motos et de courir après. Une vraie battue au sanglier.

On rattrape le fuyard en moins de deux. C'est un type. Enfin, si on peut appeler ça comme ça. Parce qu'il ressemble plus à un épouvantail qu'à un humain. En guenilles. Et il pue. Le savon, il doit pas connaître, ou alors il doit croire que ça se mange.

        Son visage respire l'effroi. Il est tellement effrayé qu'il en est effrayant. Une bête aux abois.

        Vu que trois gaillards le retiennent par le bras, il se débat comme un beau diable.

        --Laissez-moi vous tranquille ! dit-il.

        Accent étranger. "R" roulés, des "ou" à la place des "u". 

        --Calmez-vous. On ne va rien vous faire, dit Robin. 

        --Laissez-moi vous tranquille !

        --Allons, n'ayez pas peur, dit Petitjean. On n'est pas des assassins.

        --Qu'est-ce que vous voulez-vous moi ?

        --On a cru que vous aviez de mauvaises intentions, dit Perrette. 

        --Moi pas méchant. Moi voyageur. Venir de loin. Là-bas, dit l'homme.

Il montre l'Est. Il a les lèvres rouges. Est-il blessé ? Non. On dirait plutôt qu'il ne s'est pas essuyé après avoir avalé quelque chose.

        --Qu'est-ce que vous tenez, là, dans votre main ? s'enquiert Marion.

        --Un tire-cailloux. Pour tuer grand oiseau noir.

        --Pourquoi tuez-vous les oiseaux ?

        Et le loqueteux esquisse le geste le plus vieux du monde. Il porte la main à sa bouche.

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