Robin d'Ardèche, roman en ligne

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-4- Pénurie d'or noir

      Le commissaire Bornas a carte blanche. Il sévit dans la commune assisté d'une petite escouade.

Quatre lampistes se partagent les vingt-cinq mètres carrés du local et deux Renault Laguna. Un motard en sus, Paul Cuchet, patrouille sur sa BMW  blanche, fier comme Artaban. Il fréquentait la même école que Robin, à l'âge tendre. Que d'eau a coulé dans la Loire, depuis !

Louis Bornas a des consignes. Il doit, coûte que coûte, maintenir l'ordre. C'en est fini des trublions de minuit. Les gens vont enfin pouvoir dormir. Si ça continue, ils n'auront plus que ça à faire...

Effet de serre et crise du pétrole oblige, on a restreint l'usage de tous les véhicules à moteur. Un décret. On a ressorti vélos et charrettes des granges. Pas plus de dix litres d'essence par semaine et par tête de pipe.

          De quoi alimenter la pompe à eau pour un plant de salades.

         Un beau matin, chacun a reçu dans son courrier les fameux coupons. Oui, on paye à Labiche par bons de deux litres. Le rationnement, ça rappelle une époque. La facture, c'est le commissariat qui l'adresse, et le commissariat, c'est la mairie.

        Inutile de chercher.

        Avec toutes ses rondes, la police boit la moitié des cuves. Je t'en foutrais ! On dirait qu'ils ont peur que les habitants s'échappent. Pour aller où, bon Dieu !

        Ristourne sur les carburants verts. Tu as déjà vu des tracteurs et des camions rouler au colza, toi ?

Dérogation spéciale pour les entrepreneurs. Tu parles ! Il y en a de plus égaux que d'autres. En dessous d'un certain chiffre d'affaires, on se voit reléguer au statut de particulier.

Et les motos ? Labiche n'a pas oublié ce qu'il doit au Hardi. Non seulement il lui confie sa fille en promenade, mais encore ne lésine-t-il pas sur les pleins. Les litres qu'il lui sert frisent le gallon américain. Histoire d'emmerder Jean Santer. Et tous les trafiquants d'or noir qui se goinfrent de commissions, aussi.

C'est qu'il gruge les contrôles en bricolant le bordereau de livraison du camion-citerne. Il sous-déclare. Entre les bons d'achat et les tickets fournisseurs, il organisera bientôt une sacrée tombola.

Voilà qu'on exhume les fourches, les fléaux et les faux. Ça va être commode, pour appliquer la loi des trente-cinq heures, tiens ! Les temps médiévaux à vingt lieues de Montélimar.

        Par bonheur, la fête foraine vient dans trois jours. Du baume au coeur par-dessus cette misère, ça ne fera pas de mal.

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