Robin d'Ardèche, roman en ligne

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-3- De joyeux bûcherons

        Robin vient d'achever sa coupe. Le tronc d'un sapin. Pas un sapin de Noël, nuance. Un doyen de trente mètres, un Mathusalem.

          Brutal corps à corps où l'arbre s'en sort parfois vainqueur. S'il écrase l'homme. Un combat singulier où chacun éprouve sa force. Des rapports vrais. À la loyale. Le mérite par l'effort.

La tronçonneuse a hurlé. Ça casse les oreilles, ces petits deux temps. Et ça crache une fumée bleue à faire gerber le diable. Les scooters des banlieues, c'est rien à côté.

        --Holà, ho ! dit Robin. Petitjean, tu m'enfonce trois coins. Là, là, et là.

        --Mon beau sapin, roi des forêts, que j'aime ta verdure ! entonne le Ménestrel.

       --Arrête un peu. Tu crois que c'est le moment ? Loupian, Crébillon, Martin, dégagez de là ! Chaud devant!

        Le sapin est tombé d'un coup. Dans un fracas de tonnerre. Pour l'acheminer vers le bas du versant, il va falloir quelques schlittes !

        Il n' avait aucune chance de fuir, enraciné qu'il était. Mais venu à maturité, il a vécu sa vie d'arbre. Tant de sangliers ont couru à ses pieds. Il a surpris tant de secrets. Paisible, il va reposer du sommeil de la terre, à présent.

Le temps de sécher. Car est-il seulement mort, ce géant ? Une seconde carrière s'offre à lui. Jouet de bois, il enchantera les enfants. Simple parquet, il craquera sous leurs pas joyeux. Violon, il chantera la grandeur de ses parents d'Europe.

        Fichtre, un sapin, ce n'est pas rien. Quand on raconte l'histoire du Petit Poucet, ça ne se passe pas dans une orangeraie.

--Encore heureux que le traîneau descende direct à la scierie, cette fois-ci, dit le Hardi. Si on avait dû passer par la route, c'était double corvée.

        --Un téléphérique, avec câbles, poulies, moteur électrique et tout le bordel. C'est ce qui manque, ici, dit Petitjean.

--Je sais. Comme Santer. Mais lui, il est assez riche pour ça. Moi pas. Maintenant, s'il y en a un parmi vous qui préfère bosser chez lui, je ne le retiens pas.

--Vous savez bien que non, patron, dit Martin. On ne vous laissera pas choir. Et puis, ce Santer, personne ne l'aime des masses. Un beau dégueulasse, oui ! Paraît qu'à chaque fois qu'il voit un de ses ouvriers prendre la pose plus de dix minutes, il le colle à l'amende. On n'est pas des bêtes, quand même !

        Jean Santer, le Robin non plus, ne l'adore pas. À peine ses vieux décédés, le voilà qui rapplique chez lui en vrai faux cul pour racheter son affaire. Rien que pour le principe, il a refusé. En voilà, des manières !

Même entre catholiques et protestants, on n'en est plus à se faire de telles crasses.

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