Robin d'Ardèche
, roman en ligne


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-2- Jean Santer, le mauvais prince


       Le père Dupuis est un sacré bonhomme. Quatre-vingt-trois ans, et encore bien vert. Il fend ses bûches lui-même. Sec comme de l'amadou.

           Sa parlure est à l'avenant. Maigre.

           Il ne cause pas pour rien, l'Alfred. C'est d'ailleurs assez général, de par nos contrées. Nos vieux, les loups ne s'en approcheraient pas à cent mètres.

Bourru, certes, mais jamais il ne reprochera le pain et le lard à l'étranger. Toujours un couvert de plus à sa table. La part de Soulas, qu'on appelle ça. Qui sait quand Dieu déguisé en gueux débarquera chez nous ?

         Bon patriote. Il s'est battu bec et ongles, en quarante. Pour sûr que les allemands ont dû en baver. Quand il a été rapatrié, après la défaite, il a continué le combat. À sa façon. Il ravitaillait les résistants qui se cachaient dans les Cévennes toutes proches. Par la route de Montpezat, ou le col de Mézilhac.

          Il partait chaque matin sur sa 500 Gnome-Rhône, les sacoches pleines de jambon et de fromage. Plus d'une fois, les "bérets-tarte" ont failli le choper. Pas les chasseurs alpins, les miliciens. Ceux-là, quand ils t'invitaient dans leur cave, tu savais que c'était pas pour boire du Chablis !

          Il l'a conservée en état, sa vingt-rossinantes.

De celles dont la plaque d'immatriculation se flanquait sur le garde-boue avant, de profil. Chaque 14 juillet, il la fait tourner sur la place. Enfin pas lui, quand même, mais Robin. Pour la gloire des héros disparus.

La porte de son jardin grince. Faudrait huiler les gonds. C'est Jean Santer qui lui rend visite. Qu'est-ce qu'il lui veut, l'adjoint au maire ?

Le vieil Alfred, on ne la lui fait pas. Il a, dès son plus jeune âge, appris à ranger les gens en deux catégories. Les intéressants et les intéressés. Avec la tête de salaud qu'il se paye, il sent bien que l'autre ne vient pas chez lui fumer le calumet de la paix.

        --Père Dupuis ?

        --Oui, vous voulez quoi ?

        --Parler.

        --Dans ce cas, vous le ferez aussi bien de la rue.

        --Allons, allons, père Dupuis. C'est urgent.

        --À mon âge, plus rien ne presse. J'ai tout mon temps.

        --Oui, mais pas les affaires de la commune.

Alfred Dupuis dresse l'oreille. Les affaires de la commune ? Diable. La chose publique, il l'a toujours considérée. Faudrait voir ce que Santer lui veut, peut-être.

        --De quoi tu causes ?

        --Laissez-moi entrer. Que je vous explique, au moins.

        --Bon. Mais vite. Ne compte pas me vendre du baratin.

        --À la bonne heure !


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