La Quête d'Aldoran, roman en ligne

Amuse-gueules - Toniques  - Purgatifs - Élixirs - Onguents - La Totale - Votre Cure
Motivations de l'auteur ------------------Début du récit--------------------------------- Racine du site

Chap1  Ch2  Ch3  Ch4  Ch5  Ch6  Ch7  Ch8

Acheter l'Intégrale en PDF


Vos commentaires sur ma page
MySpace

***


        On était entre loup et chien, on ne risquait pas d'avoir le soleil dans la figure, et le crépuscule frais aux mille doigts pourris saupoudrait déjà de safran les cimes des grands frênes, lorsque dans la gorge d'Astralée s'engagea le cortège. Pour ainsi dire dans le gosier du loup.

        L'humidité des lieux incommodait Boicussec. Il avait bien du mal à ne pas toussailler. Bouffetard, l'Ogre chenu, malgré ses mitaines en peau de lapin et son cache-col de laine qui lui donnait des démangeaisons terribles, souffrait de rhumatismes. Le Vampire Hémato avait contracté la fièvre des marais. Il marmonnait des propos filandreux tout en claquant des dents. Méphisquenotélès, qui lui tenait comme par hasard la main, proposa de les lui arracher : ça faisait trop de bruit, surtout avec l'écho. Par bonheur, rien ne branla ; du haut des noirs rochers, tout était calme, tout était quiet. On passa le couloir sans alerte ni coup férir, comme une lettre à la Poste.

Soudain une lueur blaffarde apparut. C'était le feu du campement des loups qui se grillaient des escalopes de caribou et s'enivraient de vin. Ils s'étaient tous réunis au centre du cercle des tentes pour faire ribote. Une occasion unique de leur tendre embuscade : l'opportunité fait le larron.

        --Doucement, un homme derrière chaque tente, murmura Zapathor. Shhhht ! Silence ! À mon signal, tous sur les loups.

Il se trouva bien deux ou trois dégourdis pour se prendre les pieds aux ficelles des tentes, mais très vite chacun fut posté.

        --Aouhhh ! À l'attaque, mes gens ! Foncez, sus aux Xuglons !

        La bataille ne dura qu'un éclair.

        Ainsi les Zatlantes l'emportèrent haut la main sur ceux de Louvecie. Saint-Trifouillas, le porte-Égide, leur avait été plus que clément, et l'ivresse des loups leur avait mâché la tâche. Peu de pertes côté vainqueur, hormis Zapathor qui périt après son huit-millième Xuglon, tout comme la Dryade avait dit. Rien de plus. Ah, si : Bigletout réchappa du combat, mais avec l'oeil crevé. Sacré veinard, on lui verserait une pension ! Asgard le Magnifique bailla de l'olifant toute la nuit pour clamer la victoire.

        On amena Tryphonar ficelé comme un saucisson devant Kergal. Deux filets rouges vif de sang lui coulaient de la gueule entrouverte. Proche lui était l'agonie, et ses pattes livides avaient déjà quelque chose de la froideur du sépulcre.

--Alors, sale traître, te voilà réduit à ma merci, dict le roy de trèfle. Te décideras-tu enfin à me dire où tu séquestres Aldoran ?

--Écoute, roitibus. Ne compte pas que je batte ma coulpe et implore ton pardon. Tu as gagné, cause entendue, les quatre as dans ta manche. Et tu peux bien disposer de moi comme tu l'entends. Torture-moi, tue-moi si tu le souhaites. Que m'importe à présent que mon peuple a péri. Je confesse avoir dépéché mon meilleur espion dans ta penderie ; il s'est fait prendre, l'imbécile. Dommage. Mais du diable si j'entends le premier mot à ton mystère.

Et Tryphonar mourut dans un hoquet minable, avec le rictus qui sied au parfait saligaud.

retour -99/143 - suite

http://apothicaire.fr

Amuse-gueules - Toniques  - Purgatifs - Élixirs - Onguents - La Totale - Votre Cure

Mettez-nous en marque-page communautaire !

Digg it!Digg it! del.icio.us it!Del.icio.us it! Scoop it!Scoop it! Fuzz it!Fuzz it! Nuouz Ca!Nuouz Ca!


.