La Quête d'Aldoran, roman en ligne


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        C'était du reste la seule façon pour Pikekû d'accéder au royaume de Zatlan depuis que le roi, son frère jumeau, l'en 

 avait bannie. Un aller simple pour Kermalia, suite à une sombre histoire de famille touchant à la prétendance au trône.

Rien d'étonnant à ce que la cracheuse de venin, qui n'avait jamais pu se remettre de la couleuvre qu'on lui avait faite

avaler dans sa jeunesse, en reprochât au monde entier. Ainsi, tandis que la corneille Korax monterait la garde devant la

 cataleptique enveloppe de la Dame de Pique qui gisait en un coin retiré de la forêt, son âme, elle, assouvirait sa

 vengeance dans la peau d'une chatte ingénue. Ni vu ni connu !


        Et Zermikekû, filant au parc plus prompte que fouine au poulailler, décadenassa toutes les cages à singes qu'elle put

crocheter.
Les primates bondirent hors de leurs geôles tels des boulets. Ils jubilaient, ils exhultaient, ils manifestaient leur

joie. Des criaillements fusaient de tous côtés. Enfin libres ! Ils galipaient deçà delà sur la verte toison du parc, par saillies,

sans ordre ni dessein, qui broutant le gazon avec frénésie et coiffant chèvres au poteau, qui masticant la rhubarbe d'un

sentiment vengeur, tel autre bringueballant sens dessus dessous sur le houppier d'un arbre, la queue à demi-lovée après

une branche souple comme le fouet d'Indiana Jones. Quel régal pour les singes que cette débandade sans maître ni

gardien. Rien pour les arrêter, rien pour endiguer cette fougue mutine, cet élan trop longtemps réprimé. La ville fantôme

leur appartenait, à présent. Qui va à la chasse perd sa place.


        Ils échelonnaient tout ce qui dépassait la toise, escaladaient, chamboulaient, brisaient les canisses, déterraient les

 tubercules, secouaient les lampadaires, cassèrent en deux sabliers plus de vitres que n'en eussent cassé les Sacrebleus

 en cent ans. Du velours des fauteuils ils confectionnaient de la dentelle, bouffaient la paille de rembourrage, se torchaient

 le fessard avec les livres de la bibliothèque universitaire, se pendaient aux cloches d'Alpétra,
arrachaient la verroterie des

 lustres pour s'en faire des loupes ou de clinquants pendentifs.



        On vit même un génie s'engouffrer à toutes vapeurs dans l'officine d'un apothicaire et, après une légère pause

méditative pour compulser l'Abécédaire, l'animal escrabouilla les mouches qui voletaient à l'entour d'un pot de miel entre

deux plateaux d'une balance de pesée. Suite de quoi il les roula en fins cornets et lorgneta au travers de ces jumelles

improvisées par le huis entrouvert. Comme la boutique surplombait d'assez haut la rue de l'Estampette, notre simiesque

stratège put contrôler depuis son belvédère les progrès de la Révolution des Frères Capucins.

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