La Quête d'Aldoran, roman en ligne

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        Jamais deux sans trois, la dernière apparition n'impatienta point les Heures, et ce fut encore l'horloge qui clama sa venue à grand chambard. Mais, ô surprise, ô merveille,que de grâce, de douceur et de beauté naviguaient de concert sur ce modeste esquif ! Une simple coquille de noix. Mais l'éclat du joyau qu'elle avait à son bord en faisait un écrin somptueux. Car tout ce qui côtoie le sublime s'ennoblit à son contact; la lumière, toujours, triomphe de l'ombre amère et apaise sa froide morsure. Et quoiqu'elle ne chevauchât point son Orque de promenade pour lequel elle eût sans conteste donné toutes les coquilles de noix de la forêt, la resplendissante Falbala, fille de Karaboss, soeur des Tritons, Ondine de son état, trônait comme la perle dans son huître, ainsi qu'il sied à une princesse de haute lice.

Cheveux arachnéens flottant au moindre souffle, yeux tour à tour pétillants et langoureux qu'une touche de bleu de myosotis rehaussait ; teint frais comme la rose entrouverte du matin, bouche vermeille et bien dessinée, taille svelte, chute de reins en arceau, hanches de violon, queue de morue au galbe fin ; harmonie des courbes en arabesques déliées, ampleur nonchalante de la nageoire et souplesse des mouvements. C'est à ces détails ténus soyez-en sûrs, que l'on sait quand doit porter le foëne et le lys une fille de l'onde :

. Ouvrez le ban, conques sonnez !

Et tinte un donguedillon !

Venez gai dol, derry dol !

Donguedillon del !

Cour d'honneur, tous en coeur :

Dong del mes braves !

Percez tonneaux, jouez rondeau ;

Magiciens aux doigts bossués,

Bénissez tous ces chants, présidez à la fête !

Place à Falbala la menue,

Et vive la princesse !

Donguedillondaine, gai dol, donguedillondon !

        Bref, même revêtue d'un humble sac de toile écrue échancré tout à loisir par le ressac inclément d'un océan d'acide, je ne sache pas que notre Ondine ressemblât à la gironde Patapluck ou à l'Ogre Timothée. Aldoran n'en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles. Un enchantement magique qui le laissait pantois. Les alvéoles de sa mémoire se vidaient de la moindre parcelle de souvenir, ainsi que s'évapore des ruches le miel dont Martin l'Ours remplit son grassouillet bedon. Ses facultés de jugement s'engourdissaient. Tant le subjuguait la belle, que sa cervelle coulait comme un fromage de bique trop crémeux. Adieu, la fillette à tête de chat, oubliée, envolée ! Car l'Ondine dégageait une présence qui n'avait rien d'un rêve et qui fleurait bon la vanille, l'anis, et la violette. Son coeur à lui battait la chamade, l'air lui serrait la poitrine; ses paupières papillonnaient, la sueur lui picotait les tempes, et sa gorge déglutissait à tout bout de champ. Était-ce donc cela, être amoureux ? Paralysé tel un végétal transi, une légume ?

        Qui se ressemble s'assemble. Sa petite taille l'ayant banni du commerce des hommes, le prince se sentit plus proche que jamais des élémentals de Kermalia. Lui-même d'ailleurs, ne savait plus au juste décider ce qu'il était, d'un homme rêvant qu'il fût Lutin, ou d'un Lutin qui rêvait d'être un homme.

        Tout se voilait dans son esprit, un trouble profond le gagnait. Chose étrange, ses pensées ne suivaient plus le déroulement logique propre à l'exercice du discours, et il semblait qu'une volonté extérieure s'appliquât à lui inculquer une myriade d'idées qui s'entrechoquaient et se déployaient en gerbes d'étincelles et crépitantes flammèches.

Il ne pensait plus, IL ETAIT PENSÉ. Il assistait, impuissant, à sa métamorphose. Les milliards de cellules vivantes qui peuplaient son corps se rebellaient contre son cerveau, comme si elles eussent voulu toutes parler à la fois.

        Il captait une multitude de messages autant sonores que colorés, fort agréables au demeurant, qui lui enseignaient une réalité que ses habitudes de citadin zatlante ne lui avaient pas permis d'appréhender jusqu'alors. La seule expérience similaire qu'il eut vécu, c'était lorqu'il avait absorbé, la veille, un morceau d'agarikon sacré. Mais même de cela, il n'avait plus souvenance. Chaque particule d'air vrombissait comme un bourdon et lui contait à l'oreille mainte légende perdue. La mémoire de la nature, après tout, c'était peut-être bien cela.

ATTENTION : les pages 70 à 78 incluses nécessitent l'ADSL (pages scannées). Autrement, sautez le passage.

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