La Quête d'Aldoran, roman en ligne


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        Le Panier de la Bourse ? ah oui, d'un mot ! Des bateleurs enragés, des chiffonniers en frac, gibus, et col amidonné qui ne faisaient pas dans la dentelle et s'époumonnaient comme des putois. Pour ça oui, cocagne ! Il fallait les voir se ruer dans l'officine de l'Impasse Buquerie, ces chers commanditaires. Toujours ils rivaient un oeil fiévreux sur Kakou Quarante, le serpent à plumes qui, après avoir étanché sa soif dans une barrique de cervoise entre deux renvois parfumés à la fine fleur de houblon, simulait la tendance du marché en martyfouettant de sa queue les ronds de fumée grise qui viciaient l'air de la salle. Un beau concentré de miasmes.

Gling, gling ! Sousgrobis, en bon maître de cérémonie agitait la clochette d'ouverture. À ce signal autant sonore qu'attendu, tout le monde s'engouffrait dans le Panier à Salade, un genre de grand panier giratoire. Alors les mabouls tournaient comme hamsters en cage, et hop! débutaient les transactions :

        --J'ai, j'ai, j'ai du Quartier Ouest ; je vends, je liquide, qui veut du Quartier Ouest ?

        --J'achète !

        --Macache ganache, ôte tes sales pattes de là, aigrefin !

        On se piétinait, on se tenait par la barbichette, on se mordait le nez. Quelques redingotes prenaient congé de leurs manches, des cannes à tête d'oiseau bastonnaient dru comme grêlons au hasard de l'offre et de la demande, et le panier tournait de plus en plus vite jusqu'à l'essorage final. Puis le panier repartait en sens contraire, afin que chaque formation en reçût pour son argent. De temps à autre, la télématique disjonctait, car les Torcheculs qui n'en perdaient pas une, en fervents ennemis de la propriété privée rongeaient les cables de tout leur coeur, ne fût-ce que pour contrarier "ces margoulins d'Ogres", tandis que Kobolds et Cyclopes se chargeaient du travail de finition. Le Syndicat leur fournissait bien entendu, masses, piolets, et sécateurs, et depuis peu un instrument du diable qui répondait à la douce appellation de marteau piqueur.

--Et moi, sabredouille, je détiens un tiers du capital des confiseries Pèguetout, na ! jubilait Gargantaugas, un jour qu'Aldoran était venu assister au cours en compagnie de l'Intendant Dégueulass.

--Et moi les deux qui restent, pavoisait Tryphonar. Le contesterais-tu, des fois, tête de bois ? disait-il d'un ton rogue.

        --Ça va, ça va, Xuglon de mes fesses. On partage les dividendes et tout ça, et tu vas être content, toi.

        --Correct, la cause est entendue.

        Et l'Ogre, plein de verve et de malice, de rajouter en jouant des paluches :

        --Boursicoti, boursicota, j'ai une scie, j'ai une scie !

        --Et pourquoi me dis-tu ça, chenapan ? Ah mais non ! Je mets les pouces, ça ne vaut pas. Reviens ici !

Mais Gargantaugas prompt aux actes, déjà s'était retroussé les manches et, s'esquivant plus vite qu'un Lutin en trottinette malgré son quintal et demi, prit d'assaut toutes les confiseries du pays et tronçonna au tiers pile poil chaque étagère en bois d'ébène. Non s'en s'être auparavant gratifié des trente-trois pour cent des pots de marmelade, en poussant son cri de guerre favori et terrible : "Que grand tu gaz, que grand tu gaz ! Tralalaitou !"

Le prince en riait encore. Il aimait bien Gargantaugas. Une grosse brute, mais un coeur comme ça ! Et puis, les pots, l'Ogre, il ne les avait pas vidés tout seul, passez muscade ! Un bien joyeux sabordage, en vérité.

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