La Quête d'Aldoran, roman en ligne

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Où le Mystère s'épaissit


     Les ténèbres de la nuit s'étiolaient peu à peu, tandis que se levait sur Kermalia la Féroce, la brume de l'aube aux bajoues blêmes et flasques qui s'étirait avec une paresse de frouste. Un corbeau solitaire croassait son désespoir, un élan célibataire mâchait et ruminait du noir.

        Or donc le petit prince, toujours clapi dans son logement pas plus grand qu'une tête de phacochère, dormait, lorsque...

        --Tchoum !

        --Qui c'est-y ? Qui va là ? bondit Aldoran surpris, que la déflagration avait projeté à l'autre bout de la clairière.

        --C'est moi... prononça avec lenteur une puissante voix qui provenait du tertre pierreux.

        --Qui ça, "moi" ?

        --Je suis-la-tortue-Mouligas.

        Effectivement, c'était une tortue. Ce que l'enfant avait pris de prime abord pour un dôme rocheux formait en réalité la carapace de la bête, et les saillies régulières qui hérissaient les parois délimitaient les écailles de sa peau argileuse et piquetée de touffes d'herbe sèche.

        --Que faisais-tu dans mon nez ? reprit la géante.

        --Je me reposais d'une longue marche. Je ne savais pas que tu étais tortue. Je te prenais pour une grosse pierre. Pardon.

        --Il n'y a pas de mal, mon garçon. Mouligas te souhaite la bienvenue. Que cherches-tu dans ces contrées perdues ?

        --Las, les contrées non, c'est moi qui suis perdu.

        Et le petit bonhomme raconta toute son histoire à la tortue qui dodelinait mollement du cou et fermait les paupières de temps à autre, comme pour mieux compatir à ses déboires.

        --Eh bien, mon pauvre ami! commenta-t-elle.Aaa...aaa...atchoum !

L'éternuement de Mouligas balaya tout ce qui se trouvait sur son passage. C'était une véritable tornade. Aldoran s'agrippa aux branches d'un sapin fier et droit comme Artaban pour ne pas piquer un plongeon dans le bourbier nauséabond qui stagnait à vingt pas.

        --Excuse-boi. J'ai un rhube ! Avec toute cette hubidité. . . Et le Lac n'est pas loin.

        --Le lac ?

        --Oui, le Lac des Glougloubes. Le royaume des Ondines et des Tritons. C'est de là que sort cette maudite brume.

--Pourquoi ne déménages-tu pas ? suggéra le prince. Tu portes ta maison sur ton dos, partout tu es chez toi. Alors, ici ou ailleurs, quelle importance ?

--Ici est ma demeure, mon garçon. Mes parents m'y ont donné le jour, leurs parents firent de même pour eux, et avant eux, les parents de leurs parents. Ainsi depuis le commencement des temps.

--Pourtant, il y a plein de belles choses à voir, ailleurs.

        --Rien n'est plus beau que le pays d'où l'on vient, apprends-le. Quand tu seras allé partout, tu aboutiras à cette irrémédiable conclusion. Alors à quoi bon te fatiguer ? Pour moi, ailleurs n'est nulle part. Le monde a débuté ici, ici il finira. Du reste, je suis la gardienne de Kermalia. C'est là que j'officie.

        --La gardienne ? s'étonna le prince.

        Et Mouligas dans son patois, mit à peu près trois plombes pour lui expliquer ce qui suit.

      --Oui. Jadis je fus mandatée par le grand Ténébrion en personne. Ah, c'était une autre sorte de régent que cette crapule de Furet qui règne à présent sur les bois. Que le grand maulubec l'étrousque, celui-là ! La loyauté, l'honneur, et la sagesse ne l'étoufferont pas. Même Goupil le dit. Mais je radote comme une vieille cinglée, et toi, tu dois continuer ta route. Sur terre, en vérité, tu ne risques rien : le Loup-Garou boîte. Je le sais de source sûre, il s'est cassé une jambe en pourchassant une chèvre sauvage dans les Landes de Pataugas, avant-hier après-midi. Il est allé consulter le Faune rebouteux. Il a bien raison, mieux vaut un bon rebouteux qu'un mauvais médecin : le premier ne sait peut-être pas pourquoi il te guérit, mais le second ne sait pas davantage pourquoi il te tue. Et comme le Faune fut vilipendé et radié à vie du Registre par l'Ordre Médicastrus Carabinus tout puissant, c'est une garantie de sérieux, foi de tortue. Bref, pour en revenir : la clé de tes problèmes réside sûrement au fond du Lac, mon petit. Tant de choses y dorment depuis tant de siècles. Mais garde-toi des méchantes Glougloubes qui y séjournent, car elles n'hésiteraient pas à te manger tout cru.


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