La Quête d'Aldoran, roman en ligne

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Aldoran et Smigoll s'en donnaient à coeur joie. Ils s'amusaient tout leur content. Tels que l'orfraie à la queue blanc d'albâtre qui se laisse glisser dans l'air pur des montagnes, en pèlerins des cimes qui se jouent de l'abîme, nos deux amis s'enivraient de vitesse et de vent gouleyant, des senteurs qui montaient depuis le terreau humide des bois, et du frisson vertigineux d'un à-pic impromptu.

        Les ailes de Smigoll, qui, tel un parapluie nervuré de baleines qu'on ouvre et qu'on referme, allaient et venaient en donnant le tempo, lui tenaient mieux au corps qu'au téméraire fils de l'ingénieux Dédale. Tant que vouldroit pourroit ardre l'astre du jour, que oncques cire ne fondroit. Nenni, impossible !

        À l'instar de la flèche de Sagittarius, ce noble archer aux fougueuses pattes de Centaure et à l'esprit résolu, le bec racorni du dragon pourfendait les stratus, les cumulo-nimbus, les cirrus, les coquecigrues, et, pour peu qu' il insistât davantage, oremus. Ses dents de nacre étincelaient avec un faste adamantin, son escarboucle rougeoyait comme une braise échauffée. Il arborait fièrement sa collerette d'épines, et le prince s'y accrochait du mieux qu'il le pouvait en dépit des soubresauts inattendus que faisait parfois l'animal pour fausser compagnie aux Sylphes qui, malicieusement, chatouillaient du bout de leurs doigts diaphanes son ventre lisse et replet. Les écailles du coursier avaient de l'ardoise quelque apparence de dureté, ce qui explique la convoitise que manifestaient souventes fois les belliqueux Xuglons pour cet attribut protecteur dont ils recouvraient volontiers les toits de leurs demeures, par-delà les Montagnes Interdites, aux extrêmes confins de la Forêt de Kermalia, sous le regard souverain du Mont Bigletout. Maintenant Smigoll voltigeait au-dessus de la ville. L'immense effort d'imagination qu'avaient dû déployer les urbanistes zatlantes depuis sa dernière venue le fascinait. Que de merveilles accomplies depuis deux mille ans ! En si peu de siècles, cela tenait de la prouesse sinon de la gageure.

        Il ressortait de l'architecture générale de la cité une tendance à la configuration étoilée de type hexagonal, et, considérant l'indescriptible enchevêtrement et complexité de l'ensemble, il nous a paru utile d'étayer nos explications au moyen d'une carte représentative. Nous nous excusons bien humblement auprès du lecteur, des Nains, Kobolds, Trolls et apparentés, de la nécessaire lacune de cette dernière qu'il eût fallu compléter par une coupe transversale de l'écorce zoranienne, laquelle nous eût enseigné la fabuleuse richesse du monde souterrain.

        Du reste, nous savons par expérience que les élémentaux de la Terre sont des êtres pudiques, et qu'ils ne tolèreraient en aucune façon l'intrusion d'un quelconque voleur d'images dans leur milieu ambiant. Ce qui est caché à la vue des "Couillons de la Surface", comme ils disent, doit le rester. Si vous voulez savoir, vous n'avez qu'à descendre à la mine avec un marteau ! De toute manière, la carte, comme on dit, n'est pas le territoire, et nous vous le montrerons à l'occasion.

        Tout d'abord, les bâtisseurs avaient tenu compte d'un incontournable axiome : que chacun devait trouver à se loger en fonction de sa nature et conformation, et non le contraire.

      Aussi la géométrie zatlante obéissait-elle à la loi des éléments cosmo-telluriques et la symétrie axiale se calquait-elle sur celle de "la boussole des tempéraments". Le Froid résidait au septentrion, le Chaud dans le midi, le Sec au levant, et l'Humide au couchant. Cela divisait le royaume en quatre quadrants, eux-mêmes subdivisés en quatre cercles concentriques que peuplaient les entités adéquates.

        Ainsi les Ondines vivaient en milieu froid et humide, tandis que les Satyres et les Ogres occupaient le domaine chaud et sec. Quoi de plus logique ? Et grâce soit rendue pour une fois aux Torcheculs qui avaient suggéré qu'on leur aménageât des logements de fonction excentrés, de sorte que tout ce petit peuple pût transiter à son gré entre ville et forêt.

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