La Quête d'Aldoran, roman en ligne

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La procession s'arrêta soudain. L'homme parla à la Dryade :

     --Ô divinité, nous te vénérons et nous inclinons humblement devant toi. Daigne accepter ce modeste  lézard en témoignage de notre infini respect.

        --Comment oses-tu te présenter à moi avec une aussi piètre offrande ? Te moquerais-tu, par hasard, zoranien ?

        --Aleph me préserve jamais d'une telle impiété, ô divinité. Mais les dragons sauvages désertent la forêt de Kermalia, ces temps-ci, et le preux chevalier Asgard le Magnifique à qui incombe cette noble tâche d'ordinaire, n'a pu ramener de sa chasse que ce chétif saurien aux écailles aussi vertes que l'espérance qui anime ma foi. N'y vois-là nulle offense. La sincérité habite notre coeur et arme notre voix.

        --Soit, donne-moi ton coeur, alors. Arrache-le.

        --À l'instant, si tu veux ; t'entendre c'est t'obéïr, divinité.

--C'est bien, je te crois. Tu es franc et loyal, et l'éloquence parle par ta bouche. Rentre ton glaive au fourreau. Bon. Mais du sang d'un lézard n'attendez pas merveille : je verrai ce que je verrai. Enfin... Approchez, zatlantes, que je rende l'oracle.

--Divinité, demanda un vieillard à la mine inquiète, mourrai-je bientôt ? Et comment ?

        --Tu mourras à la fin de ta vie. Meurs tôt, meurs tard, mais fais-le comme il faut. Car en vérité, par les plus grandes morts s'obtiennent les plus grands destins. Quant à ton trépas, homme chenu, il sera à l'image de ce que fut ta vie : paisible et doux. Aussi, je te le dis : aime la vie, et la mort t'aimera. N'aies nul souci, et achève serein le reste de ta route.

--Divinité, où trouverai-je la fortune ? aboya un homme dont le parler impétueux s'accordait en tout point avec ses manières de rustre.

--Au même endroit, sois-en sûr, que la douleur qui hâtera ta fin.

          --Et ma fille, divinité, guérira-t-elle bientôt ? dit une femme à demi éplorée.

--À l'heure où tu me causes, la mère, elle est déjà rétablie. Veille plutôt à soigner ta propre maladie, car bien que tu ne le saches pas encore, l'infection a gagné ton corps et couve comme le feu sous la cendre. Va donc boire un peu d'Elixir de Lumière dans le laboratoire du mage Kabbalius. Dis-lui que tu viens de ma part. Veux-tu une ordonnance ?

           --Remporterai-je ma prochaine victoire contre les Xuglons, divinité ? l'interrogea un commandant.

       --Tu détruiras une grande armée, assurément. Mais laquelle des deux, je ne saurais l'affirmer avec certitude. Montre-moi tes mains, commandant.

--Voici.

--Les huit lignes transversales qui barrent ta main droite m'indiquent que tu tueras huit millle Xuglons ; le profond sillon que je vois dans ta main gauche me révèle que tu regretteras d'en avoir tué un de trop. Méfie-toi surtout de celui-ci, car son peuple le proclamera martyr : mort, il te causera plus d'ennuis que vivant. Mauvais pour toi, mauvais pour Zoranius.

--Que me chantes-tu là, pie bavarde ? Apprends que le commandant Zapathor ne perd jamais la guerre ni le Nord. Va au diable, toi et ton oracle bigleux ! Je ne te crains pas. Tu dis n'importe quoi.

        --Il faut bien commencer un jour. Et ce commencement-là pourrait bien t'achever. À ta guise. Je t'aurai prévenu, homme arrogant.

        Soudain, une fillette aux pieds nus et à la frimousse de petite chatte s'approcha de la Dryade l'air si recueilli qu'elle ne sembla pas remarquer la marée humaine qui l'environnait. Elle inspirait un tel respect qu'à son passage les gens se turent et reculèrent de deux pas. Zerminette --car c'était elle-- portait un grand bouquet de roses blanches qu'elle déposa simplement à terre auprès du chêne sans dire un mot. Elle restait là, debout, les mains jointes, et elle adressait comme une prière muette à un interlocuteur invisible.



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