La Quête d'Aldoran
, roman en ligne

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        Pour lors arriva dans les bois une chose à la fois sublime et déchirante : alertés par je ne sais quel messager de l'ombre, d'un cri froid et fêlé comme en poussent les mandragores qu'on arrache au sein de la terre par lune noire, accoururent de tous les recoins de Kermalia une ribambelle d'animaux qui venaient rendre un ultime hommage à la défunte allongée sur sa couche de mousse, et coiffée d'un dais de liserons. Plus livide que Neige la Blanche. Étaient venus même le Loup, le Renard et la Belette, qui, l'oreille en berne et l'oeil contristé, assistaient de leurs soupirs les lamentations du prince, cependant que le Cerf rameux rallait et que pleurait à ses côtés la Lionne chasseresse. Et le moulin grinçait et ruisselait de larmes, et les larmes s'en allaient épaissir le cours d'eau pour porter la nouvelle à la mer, si mer il y avait au bout.

        --Ma mie, mon amour, implorait Aldoran. Parle-moi, vie de ma vie. Dis-moi donc quelque chose. Hé là, Zerminette, cesse cette farce stupide. Que ne respires-tu ? Hélas. Elle ne peut me répondre. Elle est morte, morte, morte ! De ses lèvres entrouvertes et de ses doigts diaphanes la couleur se retire, et le gel de la nuit ombreuse lui mord déjà les membres. Fatalité ! Infâmie ! Chienne de mort qui me fait cocu juste au jour de mes noces. Je te maudis, je t'exècre, je t'abomine ! Je te crache à la figure, sale camarde ! Mais je sais, mort cynique, qu'un flûtiste sournois et scélérat t'assiste dans ta tâche et te suit partout où tu sévis. Que je ne tombe sur ce lâche qui te sert d'aiguillon, car par mes tripes, je l'étrangle et lui fait avaler sa flûte. Et vous autres, là, tout thaumaturges que vous êtes : Fée, mage, rebouteux, Nain pierreux, que ne me la ressuscitez-vous ? De quoi vous sert donc votre science magique ?

--Las, mon prince, dit Kabbalius. Avec notre meilleure volonté nous ne pourrions agir contre l'inéluctable fin qui à tous nous échoit. Même les dieux n'y parviendraient.

        --Allons donc. Un rembobinage du temps par soucoupe volante... Un tunnel... Un raccourci ?

        --Nous n'avons plus de poules. Leurs piles aussi, sont mortes.

        --Un élixir de vie, un caillou philosophal ?

        --Retarderait la mort, certes, mais ne rend pas la vie à une forme éteinte.

--Et que sais-je, moi ? Une autre incarnation, voyage guidé de l'âme. Seulement accélérer un peu les lois de la nature. Comme cette fleur qui repousse, aussitôt fânée, en un autre endroit de la forêt, toujours unique, mais vivante toujours.

        --Nous n'avons pas le droit. Prérogative d'Aleph. Conscience inaliénable. De grands malheurs en surviendraient. Il y aurait bien néanmoins... quoique la chose ne fût point sans danger...

        --Quoi ? Par tous les saints, parle. Qu'est-ce que c'est ?

        --Je sais des pastilles qui maintiendraient son corps à l'état de glace un certain temps, et la garderaient de toute corruption, jusqu'à ce qu'en des jours futurs, peut-être, la science sût la ranimer. Mais est-ce souhaitable ? Est-ce moral? Je ne sais que croire ni que penser.

        --Il n'est plus que d'agir. Donne. Donne-moi, donne-lui. Je t'en conjure, mage. J'en prendrai aussi. Il le faut. Je ne la laisserai pas seule ; où elle va je vais. C'est elle, et c'est moi, mais pas elle sans moi. Peu me chaut le danger, qu'importe ? Qu'ai-je encore à perdre ici bas, je te le demande ?

Formule de la Résurrection

tu vois, ça aussi, c'était écrit. Allons, assez balancé !

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