La Quête d'Aldoran
, roman en ligne

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        Zerminette ramassa un caillou posé sur la margelle. Non pas un caillou mais une pierre. Elle était polie, elle était rouge ; c'était une escarboucle. Une vieille escarboucle...

        Soudain sortit des eaux tumultueuses un étrange animal à la peau luisante et squameuse bleu Java et à la langue écarlate. Un reptile doté d'une paire d'ailes nervurées, tout comme une feuille d'érable. C'était petit et ça crachait du feu. Un dragonceau, quoi. Et cependant qu'il s'ébrouait et qu'il tournait la tête, il vit Aldoran. Il regarda le prince, le toisa, et puis se prit à sangloter :

        --Mon amiii ! Mon amiii ! Mon amiii !

      Et les larmes du dragonceau coulaient le long de ses joues de bébé, et tandis qu'elles coulaient, elles se changeaient en pierres de lune. Et il pleurait, et il pleurait, et il répétait toujours ce refrain pathétique :

        --Mon amiii ! Mon amiii ! Mon amiii !

        Alors Aldoran pleura aussi. Il venait de comprendre. Smigoll, ce dragon n'était autre que l'infortuné Smigoll ! Oui, Smigoll qui renaissait à la vie et qui s'était jadis offert en autodafé dans la cage de la sorcière. Car les dragons sont éternels et renaissent sans fin de l'eau d'une fontaine ; mais quand ils reviennent au monde nouveau, c'est avec les connaissances engrangées dans l'ancien et la mémoire intacte, tant est que, pour son malheur, un dragon n'oublie rien ; ni les cicatrices qu'il ne peut gommer de son esprit sans failles, ni les joies éphémères qu'emportent avec eux les fougueux coursiers du Temps.

        Les lamentations d'un dragonceau sont choses à vous briser le coeur. Un mélange de tristesse et d'allégresse. Tout Kermalia pleurait, même les arbres qui versaient des larmes de résine et s'inclinaient de compassion. Même le Furet sanguinaire et le Loir nonchalant ; même l'Unicorne qui trempait sa corne spirale dans la rivière GréaI ce jour-là, car c'était justement mercredi. Smigoll, à son stade embryonnaire, ne savait pas encore prononcer d'autres mots que "mon amiii! mon amiii ! mon amiii !", mais ils suffisaient à exprimer tout ce qu'il ressentait. Dans l'intonation, le trémolo de la voix, l'intensité, le timbre, les soupirs, on devinait le reste du propos :

"mon ami, je suis heureux de te revoir en bonne santé. Tu vois, j'ai recouvré mon escarboucle, mais à quoi me servirait-elle, à cette heure que mes ailes n'ont pas la force de nous porter tous deux ? Hélas, je ne te ramènerai pas à bon port. Que ne suis-je adulte. Il te faudra patienter. Mon amiii ! "

        --Ah bah, ça ne fait rien, petit Smigoll, le consola Aldoran. J'ai retrouvé le même matin un ami que je croyais disparu, ainsi que celle qui hante mes rêves depuis que je suis en âge de marcher. Alors j'ai assez de quoi attendre. Et ma douce compagne, sur les saintes mânes d'Adam, je veux t'épouser d'aujourd' hui. Une date à marquer d' une pierre blanche. Ou plutôt d'une escarboucle, hi,hi ! Un ami fidèle, une belle et aimante épouse, voilà deux causes de bonheur qui font défaut à plus d'un roi. Esprits des bois, ouvrez le ban !

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