L'Inde Dévoilée, roman en ligne

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        --Assez ! Ne détourne pas la conversation en me faisant miroiter de séduisantes théories. Je veux, ainsi que je te l'ai déjà dit, Léa et mon livre. 

        --Tiens, prends le livre. 

        --Et Léa ? 

        --Voilà. ASTRAMAGOTH AGAGOG VIEUDEMAGOG, Léa , sois délivrée. 

        -- Léa ! 

        --Tryphon ! 

        --Ah, ah, ah, ah, ah, ah ! Tryphon, quel prénom ridicule ! 

        --Toi, le démon, tu la fermes ! 

        --Et ta promesse ? Mes clés ?

        --Je pose encore une condition. Donnant, donnant. 

        --Ah ! Ça m'aurait étonné : on leur donne un doigt, et ils veulent le bras ! Quelle condition ?

        --Conduis-nous à ton astronef. Nous aimerions le voir.

        --Rien de plus facile : il est de l'autre côté du fleuve. Il n'y a qu'à louer une barque.

        -- Et bien, qu'attendons-nous ? Louons, louons, que Diable !

Et, après que Lucifer ait repris l'apparence d'Akbar Brahmanti, le trio sortit du temple des aghoris et s'approcha du Gange, du côté de Dhobi ghât, le ghât des blanchisseurs. Et voici qu'un nautonier attendait justement de la clientèle auprès de sa barque.

        --Où désirent aller ces braves gens ? demanda-t-il d'un air affable. 

        -- Nous voudrions traverser.

        --Ah non, pas à cette heure ! C'est maudit, de l'autre côté, je ne veux pas renaître sous la forme d'un âne, merci bien ! Puis c'est claffi de serpents d'eau nâgas. Cherchez quelqu'un d'autre. Où alors, achetez-moi la barque.

        Ce qui fut fait. On n'ergota pas sur l'achat d'une barque. L'enjeu était bien trop important. Et tandis que Lucifer payait le frêle esquif son pesant d'or au nautonier qui n'avait jamais autant vu d'argent à la fois de sa misérable vie, Enfoyrus prit à part Léa : 

        --Méfions-nous, Léa. C'est un rusé, ce mec-là. Il en a embobiné de plus malins que nous.

        --T'inquiète. Rusé à rusé et demi. J'ai mon idée. Laisse-moi faire, petit homme.

        Quand fut achevée la petite transaction, tout le monde embarqua. C'était la pleine lune, et l'on y voyait relativement clair. Aussi distinguait-on parfaitement l'expression du visage de chacun des occupants de la barque. Enfoyrus ramait et suivait un mouvement de va-et-vient cadencé, tout en ne perdant pas de vue les deux autres qui lui faisaient face, côte à côte. 

        Lorsque l'embarcation atteignit le milieu du cours d'eau, Léa se leva subitement sans prévenir et poussa énergiquement son voisin par-dessus bord. Aussitôt Enfoyrus empoigna une rame et tabassa le pauvre diable qui n'eut pas le loisir de dire un seul mot. On entendit un long gargouillement accompagné d'un grand bruit de cachet d'aspirine effervescent, tandis que s'élevèrent d'épaisses fumerolles noires.

        --Tiens, bête puante, hors de ma vue ! Tu t'es foutu, jadis, de la première femme : à une autre femme de te faire savoir ce qu'il en coûte. Va au Diable !

        --C'était donc le Diable ? Sûr ?

        --La preuve ! Je pensais que puisque l'eau du Gange était bénite, il serait facile de le vérifier. Le Diable déteste l'eau bénite, c'est bien connu, ça lui crame la peau.

Soudain à la surface des eaux apparut un grand lotus, et au coeur de ce lotus un mystérieux papier. Enfoyrus s'en saisit, non sans quelque appréhension, et le lit à haute voix à sa compagne :


"Ce qui est dit, est dit, et tout est accompli. "


        --Septième et ultime sentence : et bien, le voilà absous, maintenant. 

        --Absous et dissous. On n'en entendra plus jamais parler. Enfin...j'espère.

        --Tu sais, à un moment, j'ai cru qu'il disait la vérité. Son réquisitoire donnait bien à penser. Je me suis même demandé si, finalement, son seul tord n'avait pas été celui de se montrer trop tôt dans le cours de l'Histoire.

        --La vérité, il la disait. Mais ce qui me gène, c'est que ce soit lui justement qui la dise : on ne sait jamais ce qu'il pense, celui-là. Ça sonnait faux dans sa bouche. Et quelle infection, cette bouche : il puait vraiment de la gueule comme s'il s'était enfilé des croutes au fromage ! Les femmes n'aiment pas ça. Même chez le Diable.

        --Quelle intuition, ces femmes ! 

        --Et quels crétins, ces hommes !

        Nos deux amis éclatèrent de rire comme deux enfants qui jouent dans la fraîcheur et l'innocence du printemps de la vie. La promenade tournait au voyage de noces, et ils en profitèrent pour se laisser griser par la brise suave et le doux clapotis des vaguelettes de Mère Ganga, ce grand fleuve éternel qui portera toute l'espérance des hommes, aussi longtemps que les astres tourneront sous la voûte étoilée .

Et cette nuit-là, tout là-haut chez nos frères aînés, de nombreux coeurs se remplirent d'allégresse, car un homme et une femme en parfaite harmonie, connaissaient désormais le terrible secret de la Pierre de Vie. Ainsi, les zoraniens pourraient bientôt renouer le dialogue longtemps interrompu. Maintenant, une nouvelle ère allait naître : l'Ère du Renouveau, celle du Temps des Commencements. Mais il s'agit là d'une toute autre histoire.


FIN

© Joël Médina alias l'Apothicaire, 2006

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