L'Inde Dévoilée, roman en ligne

Amuse-gueules - Toniques  - Purgatifs - Élixirs - Onguents - La Totale - Votre Cure
Motivations de l'auteur ------------------Début du récit--------------------------------- Racine du site

Chap1  Ch2  Ch3  Ch4  Ch5  Ch6  Ch7

Acheter l'Intégrale en PDF

Vos commentaires sur ma page MySpace

CHAPITRE SEPTIÈME

Kâshi, la Cité du Temps suspendu

     Kâshi , ville d'eau et de feu, antique cité protégée par Shiva, plus âgée que la vieille Babylone ; Varanasi des aryens, Bénarès la sainte, ville de la connaissance profonde, thébaïde de sages, artistes, lettrés, bons vivants, courtisanes et prêtres de toutes confessions ; ville où l'on enseigne depuis la Nuit des Temps la musique et le chant, grammaire, astronomie, miniature, sculpture, théologie, zoologie et botanique ; terminus absolu aux confins de la Terre, sans commencement ni fin , où la civilisation naquit et où l'on vient mourir pour la dernière fois ; dis-nous, toi qui nous mis au Monde et nous verra partir, vénérable Kâshi peuplée d'innombrables tours, de palais d'ocre et de terre, de temples aux toitures effilées et tout recouverts d'or, et de tant de bûchers où l'on brûle les corps, oui , révèle-nous le mystérieux secret de ta face inchangée, et puisses-tu de l'obscurité nous conduire à la lumière, de l'ignorance nous conduire au savoir véritable, de la mort nous conduire à la non-mort.

        Il est toujours impressionnant pour un occidental inaccoûtumé à de tels usages, d'assister au spectacle d'une crémation funéraire, même depuis une barque raisonnablement éloignée de la berge pour n'être point accusé de voyeurisme sacrilège. Vraiment , il faut les avoir vus, au point du jour, tous ces doms et ces gathias , disposer en sandwich entre deux épaisseurs de bois un cadavre enveloppé dans son pâle linceul, allumer et entretenir un feu dont l'âcre fumée vous saisit à la gorge, tandis que, peu à peu, le mort s'anime et exécute maintes contorsions impossibles sous l'effet de la chaleur, comme seuls les hatha-yoguis omniprésents sur les quais savent en faire, sous le regard attentif des vautours amassés sur l'autre rive qui lissent leurs plumes, encore engourdis par la fraîcheur nocturne.

        Il faut les avoir vus, ces pauvres parias condamnés à vie à cette sordide tache, frapper et triturer avec leurs gaules de bambou les restes à demi-calcinés du défunt sans visage et sans nom, tandis qu'éclate sa boîte crânienne comme une pomme de pin trop sèche parmi les braises rougies, et que des prètres psalmodient indéfiniment, à deux pas, leurs salutaires mantras védiques, dont la qualité et l'efficacité est fonction de l'argent qu'ils reçoivent.

        Car ici comme ailleurs, la façon de quitter ce Monde de souffrances dépend des deniers de la famille, et seuls les brahmanes les plus aisés ont droit au bois de santal et à la grave et majestueuse Gayatri solaire, dispensatrice de lumière intérieure et de connaissance métaphysique :

" OM, BHOUR, BHOUVAH, SVAHA

OM, BHOUR, BHOUVAH, SVAHA

OM, BHOUR, BHOUVAH, SVAHA

TAT SAVITOU-OUR VARENYAM

BHARGO DEVASYA DHIMAHI

DHIYO YO NAH PRATCHODAYAT. "

     Cette formule hermétique est répétée depuis au moins quatre mille ans, et son puissant pouvoir d'évocation tient justement de sa pérennité, car l'inconscient collectif en est tellement imprégné qu'une demi-heure suffit pour recharger le méditant en Prâna solaire. Raison pourquoi ce mantra est considéré comme le plus sacré de l'Inde.

retour - 46/61 - suite 

http://apothicaire.fr


Amuse-gueules - Toniques  - Purgatifs - Élixirs - Onguents - La Totale - Votre Cure


Mettez-nous en marque-page communautaire !

Digg it!Digg it! del.icio.us it!Del.icio.us it! Scoop it!Scoop it! Fuzz it!Fuzz it! Nuouz Ca!Nuouz Ca!


.