L'Inde Dévoilée, roman en ligne 

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        --Pas grave, sourit Léa. Ça m'arrive aussi, parfois, dit-elle en songeant à la belle Sophia.

        --Vous savez pas le plus beau ? poursuivit Garrigou en clignant des yeux d'un petit air malicieux. J'ai fait une rencontre. Un joli brin de fille, Radha, une brameuse, ou quelque chose comme ça.

        --Une brahmane, corrigea Léa, en étouffant un petit gloussement.

        --Oui, c'est ça. Une journaliste. Elle vit seule avec sa mère. À ce qu'il paraît que la vieille a été sorcière dans le temps, qu'elle connaît les herbes et qu'elle lit dans les mains comme les bohémiens.

        --Voyez-vous ça ! plaisanta Enfoyrus. Vieux cachottier, va !

        --Tu sais, c'est assez récent. Une semaine. En tout cas elles sont très aimables, et elles ont un sacré sens de l'hospitalité, té ! Rien à voir avec le singe de foire de tout à l'heure. Et puis, qu'est-ce qu'elles font bien la cuisine. Un régal.

        --Elles habitent la vieille ville ?

        --Oui, pas très loin d'ici. À deux ou trois rues, tout au plus. Venez, on va leur rendre visite. Je vous présenterai.

        --On te suit, on te suit, s'égaya Léa, qui s'amusait intérieurement à l'idée qu'un pâtre solitaire des collines de Manosque ait pu se lier d'amitié avec une citadine dont la position sociale, relativement privilégiée, laissait aisément prévoir qu'elle ressemblerait à tout ce qu'on voudrait sauf à une ingénue bergère.

        Se frayer un passage parmi la multitude des rues grouillantes de monde était plus facile à dire qu'à faire. Le trio dut exécuter maintes figures géométriques savantes, maints moulinets des poignets et des coudes pour progresser de quelques mètres dans cette fourmilière géante, véritable capharnaüm de bus aux fenêtres grillagées qui klaxonnaient, de ruminants au pas lent et rétif qui meuglaient et se mettaient en travers, d'ânes qui trottaient quand l'envie leur prenait, de tireurs de rickshaws qui incendiaient les conducteurs de bestiaux, de marchands de poulets qui caquetaient plus fort que leurs volailles, de mendiants défigurés aux pieds nus exhibant leur moignon et réclamant une piécette de la main qui leur restait, de cracheurs de feu, d'avaleurs de sabres, de charmeurs de serpents naga qui captivaient le touriste curieux, et de moines itinérants à la noble stature, aussi droits que leurs bâtons, qui respiraient une telle plénitude que l'agitation ambiante et la pollution ne semblaient pas avoir le pouvoir de la leur faire perdre.

En toile de fond, on voyait, massif et imposant, le fort de l'Empereur Akbar, ce grand monarque moghol du XVlème siècle qui considérait le Gange dont il ignorait encore l'emplacement des sources, comme le plus beau joyau de sa couronne.

Allahabad s'enorgueillissait également de son temple, le temple de Patalpuri, le plus ancien de la région, et qui reçut, raconte la légende, la visite du dieu Râmâ au cours de son exil. À l'intérieur de celui-ci, un banyan sacré est arrosé quotidiennement par les prêtres qui clament depuis toujours son immortalité. Fait troublant : le chroniqueur chinois Hieun Tsang qui vécut au VIIème siècle avant notre ère le mentionne déjà dans ses récits de voyage. On pouvait également visiter Anand Bhawan, un majestueux palais digne des Mille et une Nuits, demeure ancestrale de la famille Nehru que l'on transforma récemment en musée.

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