L'Inde Dévoilée, roman en ligne

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        --Jaloux ?

        --Un peu. 

        --Idiot. C'est un renonçant. . . 

        --Qu'il s'approche pas trop près de toi quand même. Dès fois qu'il aurait à nouveau des préoccupations terrestres. 

        --Mais non. Cet homme-là, l'Univers entier est dans son coeur. II est en parfaite communion avec le Grand Tout. Alors, pourquoi voudrais-tu qu'il désire une petite chose comme moi ? Désirer une chose, c'est avouer qu'on n'est pas en harmonie avec, c'est entretenir son sentiment de séparation. 

        --Je ne le veux surtout pas ! Et puis, ces bonhommes, de rester seuls comme ils le font, moi, je trouve ça un peu vicieux. 

        -- Ils ne cultivent la solitude que par périodes. Ensuite, lorsqu'ils estiment leurs lanternes suffisamment éclairées, ils descendent de leurs montagnes pour enseigner aux autres et leur indiquer le bon chemin. Un peu comme dans le mythe de la caverne de Platon. Tous les grands êtres ont ainsi fait. 

        --Oui mais, à quoi peut bien nous servir à nous, gens de la civilisation compliquée des villes, une prétendue sagesse qu'ils auraient acquise à l'abri de toute tentation et dans un trou perdu ? Quand personne ne vous empoisonne la vie, il est facile d'être sage. 

        --Et bien alors vas-y, qu'est-ce que tu attends ? Puisque c'est si simple. 

        --Et toi qui conseille les autres, qu'attends-tu ? 

        --Je reconnais ma lacheté, ma faiblesse, et mon manque de courage. Sans quoi je le ferais certainement... à condition de vivre de mes rentes.

        -- Et moi alors, tu y penses ?

        --Mais puisque tu es dans mon coeur, mon chéri, je ne peux pas te perdre. Je peux donc aller où je veux.

        -- Euh ! Tu as mauvaise mémoire. Rappelle-toi : à Rishikesh.

        --Bon, j'étais de mauvaise foi.

        --C'est maintenant que tu es de mauvaise foi. Parce que moi, je te connais, Léa. Que je fasse mine de compter fleurette à la première Maharani du coin, et envolée, ta belle philosophie. Tu seras à nouveau Léa, et tu me gueuleras après. 

        --Je t'ai dit que j'étais faible. Et alors ? Ce n'est pas parce que je ne suis pas digne des enseignements des Maîtres que cela invalide leurs doctrines pour autant. D'ailleurs, ce ne sont pas de simples théories, mais de véritables expérimentations scientifiques que les chercheurs de vérité vivent dans leurs tripes depuis des millénaires. De toutes façons, je suis intimement convaincue que les paroles des sages rayonnent l'authenticité, et qu'ils veulent nous aider à comprendre que ce qui nous rend malheureux, nous autres occidentaux, c'est de passer notre existence à désirer des choses dont nous n'avons nul besoin en nous plaignant de ne pas supporter les conséquences aliénantes inhérentes à leur poursuite et leur possession. Il faut bien reconnaître que nous sommes un peu marteaux, nous aussi, dans notre genre. Nous édifions année après année les murs de notre propre geôle. 

        --Là tu marques un point. Mais tout ceci ne nous dit pas où se trouvent les trois clés. . . 

        --Non. Mais tu sais qu'à chaque fois il suffit de suivre les cadavres qui jonchent notre route, et...

        --Ne plaisante pas avec ça !

Tandis que devisaient et philosophaient Enfoyrus et Léa, voici que trois silhouettes se profilèrent trente mètre devant eux. Les trois hommes discutaient et ne semblaient pas les voir arriver, tant la causerie paraissait animée.

        --Ne bouge pas, dit soudain Enfoyrus en agrippant le bras de Léa. Je crois avoir aperçu l'homme aux doigts crochus !

Et , se rapprochant :

        --Radjiv Cleptoman et le Lama Domptchen sont avec lui !

À ces mots le trio se retourna, et avant que le détective n'eut esquissé le moindre mouvement, les autres, déjà, prirent la fuite en s'éparpillant. Enfoyrus poursuivit le petit chargé de mission ; plus malingre que les autres, il aurait tôt fait de le rattraper dans la montée. Mais le malheureux n'eut pas même cette chance, car au moment où il parvint au niveau de la source, il glissa sur la berge, perdit son équilibre, et tomba dans l'eau tête première. II hurla, il se débattit, et puis coula sans que personne ne le revit émerger. Le flux tourbillonnaire de l'eau était si puissant que l'on conclut à la noyade. Quant aux deux autres, ils avaient disparu sur les hauteurs.

        --Flûte, flûte, et flûte ! pesta Enfoyrus. Encore un macchabée !

        --C'était Cleptoman ?

        --C'était lui. Et pour l'énigme c'est foutu. Vas retrouver les clés maintenant ! Et bien bon débarras, après tout. Qu'ils se débrouillent entre eux. Au moins, ce n'est pas moi qui me ferai aligner... 

        --Je te croyais plus curieux.  

        --Curieux, je le suis. Mais où veux-tu chercher ? T'es marrante, toi. Quel fil directeur suivre ? Et tout ça pour la quéquette à Shiva ! râla-t-il en brandissant un poing menaçant vers le ciel.

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