L'Inde Dévoilée, roman en ligne

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        ll était là, devant eux, pyramidal et sculpté comme à Mahabalipuram et à Khajurâho, défiant les siècles. Il était là, sombre et imposant, le Temple. La pâtine du temps avait accompli son oeuvre, car le chiendent et les ronces envahissaient les jointures des dalles, et le lierre grimpant lézardait tous les murs. Cela lui donnait une sorte de cachet et contribuait à accroître l'attrait de son mystère. Que de choses n'avait-il vues, de combien de scènes macabres n'avait-il été le théatre ? Car c'était un lieu de culte consacré autrefois à la déesse Kali, la noire, où les Thugs perpétuaient leurs crimes infâmes, pratiquant tous les rites du sacrifice humain. Oui vraiment, c'était un lieu terrifiant. Et on pouvait encore entendre crier les pierres qui avaient emmagasiné tous les hurlements d'agonie des victimes immolées, et les râles étouffés de ceux qu'on étranglait ou auxquels on arrachait de la poitrine chaude le coeur encore palpitant.


        --C'est horrible, comme coin. J'en ai les sueurs froides. Brrr !

        --Oui, mais d'une horreur sacrée. À la fois terrifiant et fascinant par son caractère magique.

        --Une sacrée horreur, oui ! Léa, tu as des goûts morbides. Tu es une vraie nécrophage. Comment peux-tu exercer un métier pareil ?

        --Tu sais, un archéologue se borne à reconstituer le passé. Il doit considérer du même oeil impartial l'horrible et le sublime. Ne composent-ils pas, après tout, toute notre humaine condition ? Eh oui, dans mon job, parfois, il faut avoir les tripes bien accrochées.

        --Arrête ! Je vais vomir, dit en plaisantant le détective, qui faisait mine de se trouver au plus mal en se tenant le ventre.

        -- Non, ça ne prend pas. Je te connais. Tu te fous encore de ma gueule. Bon, c'est pas tout ça, mais il faudrait peut-être aménager pour la nuit. À moins que tu ne tiennes à dormir à l'intérieur du temple, surveillé par quelque crâne souriant ?

        --Ça va , j'ai compris. Tu m'envoies à la corvée de bois. On y va , on y va. Tiens, je te confie ma veste. Pose-là sur cette grande pierre plate.

        Le camp fut dressé en une demi-heure. Le bois ne manquait pas et Enfoyrus put bientôt allumer un bon feu. Léa s'en approcha bien vite, car la fraîcheur vespérale commençait à se manifester. Le repas s'annonça frugal : fruits secs et rations énergétiques plus une poignée de riz que l'humidité avait à demi moisi, ce qui donnait un amalgame des plus déconcertants pour le palais. On but un peu de cognac pour oublier le goût du reste et tout alla bien. On se regarda dans le blanc des yeux en souriant sans rien dire, une main effleura l'autre et la prit tendrement ; deux bouches se mêlèrent et deux corps s'enlacèrent, tels Shiva et sa parèdre Parvati. La tente remua une bonne partie de la nuit, et puis enfin s'assoupit, lorsque furent comblés les désirs de deux amants qui fêtaient leurs retrouvailles, car la scène de jalousie de la veille n'était déjà plus qu'un lointain souvenir.


        --Léa, tu n'as pas vu ma veste ? demanda Enfoyrus en se rasant le lendemain.

        --Je l'avais posée sur la grande pierre plate, comme tu m'avais dit.

        --Tu es sûre ?

        --Puisque je te le dis. Pourquoi ? s'enquit Léa.

        --Ma veste n'y est plus !

        --Allons, cherche mieux. Tu l'auras reprise et posée machinalement dans quelque autre coin.

        Mais, après un quart d'heure de vaines recherches, il fallut se rendre à l'évidence : la veste d'Enfoyrus avait disparu.

        --Bon Dieu ! me voilà bien, s'exclama Enfoyrus.

        --NOUS voilà bien. N'oublie pas que je suis dans la même galère que toi, maintenant.

        --Écoute, c'est peut-être une bête qui a aimé mon odeur et qui m'a fauché la veste. Ça arrive, tu sais.

        --Tu y crois, toi ? Tu parles ! il n'y a que dans les fables que les loups s'affublent de peaux de mouton.

        --J'aimerais y croire, répondit Enfoyrus guère rassuré.

        --Bon. Ne restons pas là à ne rien faire. Ça ne ramènera pas ta veste. Entrons visiter le temple. J'étais venue pour ça.

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