L'Inde Dévoilée, roman en ligne

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CHAPITRE QUATRIÈME

Le vieux Temple hindou

      En des temps très anciens vivait un "voyant", un Rishi qui se nommait Raibhya. Un jour, il vit apparaître le Seigneur Vishnou sur la branche d'un manguier qui se courba sous le poids divin. Ainsi naquit la légende de la Terre du Manguier incliné, Kubjamraka, que l'on appela aussi Rishikesh, en hommage à celui qui y maîtrisa ses sens.

        Ce lieu est depuis les origines un havre de paix et de quiétude, où les chercheurs de vérité viennent se recueillir, se ressourcer, et méditer sur l'Absolu. Loin de toute civilisation tapageuse, nichée sur les contreforts de l'Himalaya, perdue dans une jungle luxuriante bordant le Gange sacré approchant de ses sources, cette cité des sages n'est guère accessible, si ce n'est par la passe de Hardwar, "porte des dieux", qui reçut, dit-on, une goutte du nectar d'immortalité, l'amrita, lors d'une dispute survenue entre les dieux et les démons qui brisèrent malencontreusement la jarre qui le contenait.

Et de fait, Rishikesh est un point privilégié du Monde où l'on sent que tout est possible, pour peu que l'on se trouve au bon endroit au bon moment. Et si vous avez un jour l'occasion de remonter le cours du Gange et de contempler l'ineffable féérie d'un coucher de soleil se reflétant sur ses eaux purpurines aux sanctifiantes vertus, tandis que s'élèvent les volutes d'encens et les chants dévotionnels de l'arati d'un soir offert par quelque ashram, vous comprendrez ce qu'est la puissance évocatoire d'une atmosphère ; et alors, peut-être connaîtrez-vous la ferveur, quand bien même seriez-vous athée.

        Or ce soir-là, un curieux personnage fraîchement débarqué de la ville fit une rentrée fracassante et remarquée dans le village : il chevauchait, intrépide, un monstre rutilant, tel un héros du Mahabharata ; une moto rugissante telle une lionne en fureur agitant sa crinière au vent qui soulevait sous son passage une colonne de poussière, comme si elle s'était voulue l'annonciatrice d'une terrible tornade aux effets ravageurs.

        --Un occidental, évidemment ! dit d'un ton sec une vieille fille écossaise aux cheveux roux qui suivait une retraite dans l'ashram de Swami Sivananda. Voyez-vous, ma chère Léa, c'est encore l'un de ces européens en mal de sensations qui vient passer un week end à Rishikesh et qui retournera après demain dans son pays, en soutenant à tout idiot cartésien qui le croira facilement que la méditation consiste à mâcher le vide comme un ruminant, et que ça ne sert à rien, parce que lui, Monsieur Duchnoc, Professeur en ceci, grand journaliste en cela, a rencontré des soi-disant sages qui n'ont pas daigné lui répondre lorsqu'il leur a posé ses questions à dix francs, et que l'illumination est une fumisterie, parce que lui, d'une intelligence très supérieure à la moyenne, n'a rien vu s'allumer à l'intérieur de sa tête durant des séances d'un quart d'heure qui ne réussirent qu'à l'endormir et à l'enrhumer. Ou pire encore : dans une semaine, de retour chez lui, il téléphonera au Swami pour lui annoncer qu'il vient d'expérimenter le samadhi ! ils sont inouïs ! Même ici on ne peut plus échapper à ce genre d'importun. Regardez, moi, par exemple : et bien il m'a fallu quinze ans de pratique assidue pour obtenir mon premier pouvoir. Maintenant mes ongles verdissent à volonté.

        --Vraiment ? sourit Léa d'un air de compassion amusée qu'un petit chevrottement trahissait quelque peu. Ils sont verts ?

        --Verts. Verts comme les prés.


        "Roaarrr ! Roaarrr ! Roaarrr !"

        --Are you insane ? Here it is a holy sanctuary ! Let go or stop your cursed machine ! Do not you understand ? l speak you, dit à l'intrus posément mais fermement un Swami dans un anglais approximatif.

        --Oh ! Sorry ! répondit Enfoyrus plein de confusion, tandis qu'il débouclait son casque et ôtait sa paire de gants.

        --Non, pas croyable ! s'écria Léa. II me courra après jusqu'au bout du Monde, celui-là ! Tryphon, ne me dis pas que tu es venu jusqu'ici pour t'excuser ? Parce que moi, je te colle une paire de claques !

        --Écoute. . .

        --Non, je n'écoute rien. D'abord tu me fais la cour, tu me susurres des tas de mots doux à l'oreille, tu te paies du bon temps avec moi, et moi, pauvre sotte, j'y crois, je marche, et trois mois après tu fous le camp sans rien dire et tu me plantes là ! C'est quand même un peu fort, non ?

        -- Les circonstances...

      --Je me fiche des circonstances ! Tu pouvais passer un coup de fil, ou même m'écrire si la timidité t'étouffait --ce que j'ai du mal à croire te connaissant comme je te connais, ou télégraphier, non ? La vérité, c'est que tu es parti avec l'autre garce qui te jouait son boniment, et que tu me racontes des histoires, espèce de pipeau ! Gougeat, cochon !

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