L'Inde Dévoilée, roman en ligne

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        "Ainsi que vous le savez peut-être, celui que l'on nomme le Bouddha --mot qui signifie "éveillé"-- était un prince népalais, Siddhârta, qui vit le jour en 558 avant Jésus-Christ. Sa prime jeunesse fut celle de tous les jeunes princes : paisible, heureuse, pleine de plaisirs, de jeux et d'insouciance. Il épousa sa cousine Yaçadharâ, et vécut dans le palais de son père, ignorant les misères du monde extérieur qu'on avait toujours pris grand soin de lui dissimuler en le tenant cloîtré. Il possédait tout et le moindre de ses désirs était comblé, lui disait-on. Qu'avait-il besoin d'aller chercher au-dehors ce que n'importe quel serviteur pouvait lui rapporter, pour peu qu'il en manifestât l'envie ?

        "Mais un beau jour, intrigué, Siddhârta , échappant à la vigilance de ceux qui veillaient sur ses intérêts de près, s'aventura hors de son cocon douillet. Et que vit-il ? Ô tristesse, ô désespoir ! Il vit un vieillard décrépit, un malade, un mort qu'on transportait, et un ascète pratiquant ses austérités. Pourquoi cela ? "Était-ce donc cela, le Monde ? Partout l'indigence, la souffrance et la désolation ? Son bonheur n'était qu'artifice, fausseté et mensonge. II en avait honte. Tout le dégoûtait. II en perdait le sommeil.

        "Et c'est au cours d'une nuit d'insomnie qu'il décida de s'enfuir du palais, après avoir contemplé, écoeuré, les femmes de son gynécée :

        "Les unes bavent, toutes éclaboussées de salive ;

d'autres grincent des dents ; d'autres ronflent,

parlent dans leur sommeil. Elles ont la bouche largement

ouverte, les vêtements en désordre."

        "Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. II quitta le palais sur son cheval Kanthaka, en compagnie de son écuyer Chandaka. II avait 29 ans.

        Alors commença sa longue période de renonçant itinérant. II prit le nom de Gautama ou Câkyamuni -"le sage des çakyas" car il descendait de la lignée royale des çakyas- et se rendit tout d'abord à Bénarès afin de recevoir l'enseignement des érudits, pandhits et philosophes. Brillant élève, il assimila rapidement toutes les subtilités des doctrines et devint un redoutable adversaire dans les joutes oratoires.

        "Mais Gautama sentait que toutes ces ratiocinations de scolastiques se perdant en discussions aussi stériles que celles portant sur le sexe des anges de votre Moyen-Age ne lui apportaient rien. Certes, elles pouvaient procurer de passagères satisfactions intellectuelles, mais elles n'engageaient nullement à la vérité fondamentale de l'Être. Tout était vain, frivole, et dérisoire. Les douloureuses interrogations sur le sens de la condition humaine ne trouvaient aucune réponse dans l'examen des textes sacrés, fussent-ils des plus respectés.

"Gautama abandonna donc le savoir verbal gonflant la vanité propre à l'érudit mais ne servant nullement la Connaissance. II résolut par conséquent de vivre en ermite et en reclus au fond des bois, appliquant sur son corps des contraintes sévères dignes d'un spartiate : privations, macérations, jeûnes. Jugeant ses semblables trop timorés il allait toujours plus loin dans la pratique, avec une exagération quasi fanatique. Mais de réponse, pas l'ombre d'une. II devint aussi maigre qu'un squelette, perdit le peu d'amis qui lui restaient, mais ne trouva pas ce qu'il cherchait fébrilement.

"Las et dépité, il s'asseoit sous un arbre vénérable, le figuier de Bodhgaya dans l'actuel Bihar. II médite toute la nuit. Toutes les étoiles déclinent excepté l'Étoile Polaire qui demeure. Et soudain, c'est l'Éveil, l'illumination, sa nature propre qui se révèle à lui. II a 36 ans.

        "À partir de ce moment, il n'aura de cesse de transmettre ce qu'il sait dans toute l'Inde. Il est mort au monde des phénomènes illusoires qui condamnent l'homme ordinaire prisonnier de ses conditionnements à une perpétuelle renaissance. Lui, il sait que la Conscience et l'Univers ne font qu'un : c'est un Jivamukti, un "délivré vivant".

"La Vie se retira de son corps en 478 avant J. C. à Bénarès, suite à une indigestion de viande de porc, ce qui fit beaucoup rire le monde des ignorants qui croient que l'enveloppe charnelle est une finalité en soi. Car enfin quoi ? Il faut bien mourir de quelque chose, et la mort corporelle n'affecte en rien la Vie Universelle qui continue encore et toujours de couler...

        --Bigre ! Quelle histoire. Cela fait réfléchir.

        --N'est-ce pas ?

        Enfoyrus réprimait un éclat de rire, car il trouvait la représentation des plus folkloriques, et nullement à la hauteur d'un tel homme. Les Lamas répétaient inlassablement la même note de musique comme de vieilles guimbardes fatiguées, et leurs grognements lui rappelaient un peu celui qu'émettait Sultan lorsqu'on tentait de lui arracher de la gueule une queue de cochon rose dont il était particulièrement friand. " Enfin ! Autres lieux, autres moeurs, pensa-t-il " .

        --Et pour vos amis, que comptez-vous faire ? Lui demanda le Chinois.

        --Je ne sais pas.

        --Pourquoi n'iriez-vous pas à Rishikesh ? Là-bas on vous renseignerait peut-être.

        --C'est une idée. Je pars donc pour Rishikesh dès que possible.

Oui, c'était une idée. C'est même la première chose qu'aurait dû faire Enfoyrus. Car après tout n'était-ce pas là-bas que toute l'histoire avait commencé ? Ne fallait-il pas chercher LÀ-BAS l'origine de tous ses ennuis présents ? Car il n'oubliait pas qu'il était toujours le dépositaire d'un secret dont il n'avait pas la clé bien qu'il en dissimulât deux dans sa poche. Sans compter la troublante sentence...




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