L'Inde Dévoilée, roman en ligne

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        Mais ce n'était pas une plaisanterie. Il y avait mort d'homme, et l'homme était bien là, gisant, les yeux exorbités au milieu d'une mare de sang que la plaie alimentait encore. Qui était ce personnage ? Enfoyrus avait l'impression de l'avoir déjà rencontré, mais où ? Son visage craquelé par le gel, ses yeux brûlés par la cécité des Neiges, sa barbe de huit jours et ses cheveux en bataille blanchis par l'action corrosive d'une intense frayeur le rendaient méconnaissable au premier abord.

        --Horreur ! C'est le Recteur ! s'écria avec stupéfaction le Détective. Ça alors, si je m'attendais. C'était un sale type qui magouillait comme un vrai saligaud, mais quand même... mourir comme ça... Et dire que j'ai pensé à lui hier soir !

        À y bien regarder, la destinée du Recteur était juste. C'était la loi du choc en retour qui accomplissait son oeuvre ; l'assassin assassiné ; l'acquittement d'une dette karmique. Oui, mais ce karma-là avait une main, et cette main avait tenu le poignard quelques instants plus tôt, vu que le cadavre était encore chaud. Car Enfoyrus élimina d'emblée l'hypothèse d'une mort magique téléguidée à distance : un nouveau meurtrier bien réel remplaçait le premier comme une course de relai, et il était sûrement caché dans les parages, d'autant plus qu'il n'avait pas eu le temps d'ouvrir le coffre.

        Enfoyrus se sentait épié, et cela lui faisait froid dans le dos. Mais personne ne se manifesta.

        Le détective enterra l'universitaire dépouille malgré la dureté du sol qui lui donna bien du fil à retordre. II était inutile, par-dessus le marché, qu'on le soupçonnât d'avoir voulu assouvir sur la personne de Monsieur le Chancelier une vengeance qui lui appartiendrait en propre. La "Cabale" aurait beau jeu et se délecterait d'un chef d'accusation servant ses desseins à merveille. Enfoyrus imaginait déjà le visage cynique et arrogant de ses anciens détracteurs jouissant à l'audience du verdict qui ne pouvait être que "coupable".

Faire disparaître les pièces à conviction à tout prix. Tout enterrer. Heureusement, ici , il n'y avait pas foule. Pas de témoin. Sauf le vrai coupable, peut-être, qui n'irait pas prendre le risque de se mettre à découvert. Mais si ! Il y avait des témoins indirects, il en connaissait au moins quatre : Tsien Chao Ling, le Lama, Kapiloananda et Radjiv Cleptoman ! Où étaient-ils, maintenant ? II fallait absolument les retrouver et les convaincre : Domptchen et le Swami croiraient au pourba en vertu de leur savoir métaphysique ; Cleptoman y croirait par superstition ; quant au Chinois... plus délicat, le Chinois. On ne savait jamais ce que pensaient ces gens-là. Le Chinois, c'était une autre paire de manches. II faudrait ruser.

        --Et puis, il guigne des yeux. Moi, je me méfie de lui.

        Enfoyrus rebroussa chemin, car le fugitif retrouvé, il ne voyait pas très bien ce qu'il pouvait faire d'autre. Et ce n'était pas le charabia du parchemin et les deux clés qui lui diraient qui, quoi et où chercher. De toutes façons, il eût été hasardeux de s'enfoncer plus avant dans les hauts-plateaux sans la tente et sans presque de vivres. Car l'ours l'avait littéralement pillié. II rentra donc à Katmandou, bien déterminé à retrouver ceux qui l'avaient, volontairement ou non, jeté dans cette aventure qui tournait à l'aigre.

        Car enfin quoi ? II y avait matière à s'inquiéter : les deux alexandrins du message suggéraient l'existence d'un secret vieux de sept mille ans qu'on devait absolument taire sous peine de mort. II avait déjà tué deux hommes. Devait-on comprendre qu'il en tuerait cinq autres ? Lui , peut-être. Car il était malgré lui impliqué dans le jeu et détenait des objets qu'au moins un autre, homme, démon ou déité, convoitait pour une raison qu'il ignorait encore. En outre, les "deux points" du dernier vers de la sentence sous entendaient une suite, donc, probablement un autre message que la deuxième clé --ou les deux réunies-- permettrait d'arracher à quelque nouvelle cachette.

        --Quel casse-tête chinois ! Chinois ? Le premier vers n'est-il pas de Lao-Tseu, un taoiste chinois ? Tiens, tiens !... Décidément, tout semble converger vers Tsien Dao Ling. C'est le dénominateur commun. Suspect. Plus que suspect.

        Et il nota sur son carnet : " Tsien Dao Ling. Chinois. Suspect n° 1 "

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