L'Inde Dévoilée, roman en ligne

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        Le Chinois attendait déjà son invité au seuil de sa porte, les mains croisées dans les manches. Il était aussi jaune qu'un chinois pouvait l'être et portait la natte selon la mode ancienne, ainsi que de longues moustaches tombantes assorties d'un bouc des plus orientaux --c'est-à-dire quelques poils follets torsadés en barbiche sur un visage essentiellement glabre. Il portait la tenue traditionnelle de l'Empire Céleste, à telle enseigne que l'on aurait vraiment cru que le temps s'était arrêté soixante dix ans plus tôt.

        --Le Docteur Enfoyrus, je présume ? Que l'honorable détective daigne pénétrer dans mon indigne demeure.Il y sera reçu selon les honneurs qui lui sont dûs.

        --Vous êtes trop aimable, merci.

        --Je ne vous présente pas monsieur Radjiv Cleptoman, je crois que vous avez voyagé ensemble.

        --Certes, certes.

        -- Docteur, voici le Swami Kapiloananda de Rishikesh et le Lama Domptchen de Lhassa .

        --Très honoré de connaître les plus hauts dignitaires de la Sagesse asiatique, s'inclina respectueusement Enfoyrus qui souriait sous cape en appréciant à sa juste valeur le nom du Swami : "Béatitude des cheveux". Mais peut-être pourrez-vous enfin me dire, ce que des personnages aussi éclairés que vous attendent du pauvre ignorant que je suis.

      --Hum, hum, commença le Lama. C'est une bien délicate histoire, en vérité. Si vous le permettez, je parlerai en mon nom et en celui du Swami, car mon confrère fit voeu de silence il y a de cela de nombreuses années. Il n'a consenti à quitter sa grotte secrète où il accomplissait sa sadhana qu'à cause de l'extrême gravité de la situation. Il y a une semaine de cela, l'un de ses pairs, le Swami Tortillananda a été sauvagement poignardé par l'un de ses soi-disant disciples --mais nous émettrons quelque réserve à ce sujet car le poignard était sikh. Il s'enfuit prestement, après lui avoir dérobé une clé en or sacrée à tête d'émeraude d'une inestimable valeur symbolique.

        --Symbolique : tout de même, de l'or et de l'émeraude...

        --Seule sa valeur intrinsèque compte pour nous.

        --Mais peut-être pas pour lui. Les criminels et les voleurs agissent rarement pour l'amour du symbole. Et pourquoi ne m'avoir pas convoqué sur les lieux du crime ?

        --Parce que Swami Kapiloananda a eu une vision : il a vu le coupable se diriger vers les hauts plateaux tibétains, après être passé par Katmandou. Il était vêtu d'un pardessus marron et d'une écharpe jaune.

        --Il parle beaucoup pour un muet.

        --Oui mais cela ne l'empèche pas d'écrire.

        --Je vois. Moi aussi, j'ai vu l'homme que vous dites.

        --Comment ? Vous avez des visions, vous aussi ? s'enquit Cleptoman.

        --Non, moi je l'ai vu par le hublot du 747. C'était juste avant que Brahmanti ne nous fausse compagnie. Au fait, vous connaissez Akbar Brahmanti ?

        Personne ne répondit. Enfoyrus n'insista pas et l'on passa à table.

        Le Chinois, en sa qualité d'homme le plus raffiné de Katmandou avait bien fait les choses. La salle à manger plongeait à elle seule dans l'étonnement : Enfoyrus n'avait jamais vu autant de façons différentes de travailler le bambou. Les meubles, les lambris, le sol, tout était en bambou ; du bambou, du bambou de partout. C'était miraculeux. Économie de moyens. Une peau de yack de six mètres carrés trônait, majestueuse, au beau milieu de la pièce, tel un doux tapis de méditation ou un trophée de guerre --selon les tendances ou les orientations du lecteur-- sur lequel étaient disposés en cercle autant de coussins moelleux que l'on avait convié de paires de fesses à venir s'y poser. Tsien Chao Ling soutint non sans fierté que le Dalaï Lama en personne y avait posé les siennes.


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