Le Fou qui vend la Sagesse, farce philosophique en ligne


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        "Ainsi fut initié le preux chevalier Gauvain de la Belle Lurette, lequel pensait en lui-même que, décidément, les voies du Seigneur étaient impénétrables, ne pouvant s'empêcher de considérer à part soi que s'il n'avait pas cassé les couilles de l'Ogre-des-Bois Bouffetous ce soir-là, il n'aurait jamais rencontré Merlin. Pensée dont notre cher maître souriait dans sa barbe vénérable, sachant la part de délégation que lui avait laissé dans cette affaire la Divine Providence. . .

        Les paroles du Sage sont un bien précieux pour celui qui les met en pratique. Ce n'est pour l'autre, hélas, que source d'embarras. Car il y a loin de la coupe aux lèvres, et le néophyte, peu raffermi dans sa foi naissante au matin de sa vie, a cent mille occasions de répandre à ses pieds le breuvage sucré de la douce sagesse. Aussi en connaît-il rarement la saveur, et souvent, se contente d'en renifler l'odeur. Il préfère douter, en écolier studieux, comme ses professeurs le lui ont enseigné. Aristote l'a dit : 

        " --Le jambon est salé, partant il donne soif ; or la soif nous fait boire, donc, le jambon fait boire et guérit de la soif.

        Conclusion : partez dans le désert avec votre cochon, et vous travaillerez bientôt du capuchon. On peut échafauder par la raison tout ce qu'on veut et aussi son contraire. Vraiment messieurs, la belle affaire ! Et pendant que tous ces beaux esprits se liment la cervelle avec le jeu gratuit de leurs catégories, croyant aller partout, n'arrivant nulle part, l'idiot, lui, fait un pas. Un pas ? Voilà qui est bien peu, diront les doctrinaires. Et qu'importe ? Car c'est pas de géant: un seul pas, mais le bon.

        Les théories sont grises, seul pousse vert l'Arbre de Vie.

        Or donc, sans plus tarder, Merlin s'en est allé comme il était venu, dans le même fracas, tourbillonnant sur place, brûlant de mille ardeurs, comme torche allumée se muant en brasier ; buisson incandescent à la flamme rebelle ; du jardin du Seigneur tapissé de rosiers, en tornade de feu que Moïse rappelle, il est parti soudain. Et voici que surgit d'où est sorti le saint un bel arbre fruitier revigoré de sève, ce pommier à sept pommes qui jadis tenta Ève. Sept pommes : sept couleurs, allant de l'incarnat charnel jusqu'au violet spirituel.

        "--Croque-donc ! dit Ornuphle. 

        --Tu te moques, petit nain : me prendrais-tu pour une pomme ? Je ne suis pas le premier homme. Vade retro scientifix ! 

        --Mais non, petit nigaud, ce n'est pas l'arbre que tu crois. Le Serpent s'est planté : il n'avait pas mis ce jour-là, ses deux lunettes sur son nez. Il le paya fort cher, il souffrit dans sa chair, il a depuis beaucoup pleuré. Croque-donc, je te dis : pour chaque fruit mangé, tu trouveras un monde, une cité. Et ces sept soeurs sont tiennes de toute éternité. Tu les portes en toi. Pars-donc les découvrir, pars-donc te mieux connaître. "

        Gauvain croqua la pomme rouge. Or c'était la pire de toutes...

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